March 07, 2005

Que n'ai-je ... ?

Comment distinguer une Norah Jones ordinaire d’une chanteuse ? Chers amis que cette question tarabuste (ou bien qui comme moi s’en foutent car c’est un prétexte), voilà quelques éléments de réponses à la lumière sourde de Madeleine Peyroux.


Madeleine Peyroux n’est pas du Sud Ouest, elle n’a jamais foutu un pied en lot et garonne, la conne. Américaine, fille de prof de français (proustienne on s’en doute), elle a fait ses armes en chantant dans les rues du 5° arrondissement. Ca se trouve vous lui avez même donné la petite pièce.

Que n’ai-je croisé cette belle brune à voix noire !

Elle sortit un premier album en 1996, intitulé "Dreamland". Elle revient 8 ans plus tard nous livrer "Careless Love". Cette différence fondamentale permet de distinguer la production de la maturation artistique. La chanteuse à la mode a toujours une date de péremption aux fesses, c’est pourquoi elles se dépêchent. Gageons que Norah Jones finira dans un ascenseur de centre commercial, quand Madeleine chantera encore, même vieille et laide, surtout vieille et laide… Les beautés crépusculaires de Nina Simone ou Helen Merrill ne sont-elles pas les plus troublantes ?

Sur ce "Careless Love", elle se livre à l'art de la reprise, en s'attaquant au Dance Me To The End Of Love de Leonard Cohen. La nonchalance avec laquelle elle pose sa voix un peu en retard sur le temps illustre que « la mélancolie c’est le bonheur d’être triste ». Victor Hugo peut arrêter de se retourner dans sa tombe. Accompagnée aux petits oignons, la pulsation swingante de la rythmique, les contre-chants de piano comme les respirations de l’accordéon sertissent à l’envie cette ritournelle.

Modèle de concision, le chorus de piano : suite obstinée de notes contrariées par quelques accords tendus, une dernière phrase un peu « out »…il ne reste à l’accordéon qu’à arpéger une descente d’accords mineurs, à la rythmique de poursuivre joyeusement son office.

Reprise du thème, naissance d’un standard…

Que n’ai-je croisé cette belle brune à voix noire ?

Madeleine Peyroux - Dance Me To The End Of Love [offline]
[from Careless Love]

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4 comments:

hristou said...

Bonjour, ceci n'a rien à voir avec le titre du post, mais depuis 3 jours je n'ai pas acces à vore fil rss alors que les autres blogs de la meme plate-forme que la votre me sont accessibles. Ceci ne m'empeche pas de vous lire ,mais m'ennuie. J'ai bien pensé à un bug sur mon lecteur rss (rss express) mais vu que je peux avoir les autres "blogspoteurs" je n'ai plus que la solution de me tourner vers vous. Amicalement.

Th. said...

Si Norah Jones avait moins de succès, l'écouterait-on autrement, et plus favorablement(pour être honnête, moi aussi j'ai une sorte d'auto-correctif du type " plus on vend, moins c'est bien")?
Bon Madeline a un chouette prénom et un joli brin de voix (un tantinet Billie en un plus grave), mais où est l'émotion?

Quincophonie said...

L'allusion provoc à N Jones était un prétexte pour amener le sujet. Je n'ai rien contre la soupe, fut elle populaire.
D'ailleurs si j'avais le réflexe snob, aurai-je écrit cet article ? M Peyroux connaissant un succès grand public...

Garrincha said...

Cher Hristou, je ne constate pas de problème de mon côté ...