March 27, 2006

la légèreté - insoutenable ?


La légèreté. La recherche du silence le plus parfait. Quand les notes se détachent, et glissent lentement les unes à la suite des autres. Tombant au ralenti depuis des hauteurs vertigineuses. L'art de la retenue. Quand l'on parvient à mettre toute son âme dans une note en n'effleurant qu'à peine son instrument. Quand un chanteur réussit à tout dire en se taisant, en n'exhalant les notes qu'après un imperceptible soupir.

Cette recherche de la musique en suspens m'a conduit, après [liste non exhaustive] les concerts de Lambchop, les disques de Sparklehorse, le "Out of Season" de Beth Gibbons et sur les conseils éclairés de Sidi Ali, à Mark Hollis.

Mark Hollis, le chanteur de Talk Talk qui emmènera son groupe vers des horizons inimaginables à leurs débuts. Le temps de leurs deux derniers albums, pour une trilogie que complète l'album solo de son chanteur et qui décrit parfaitement cet art de la retenue, du silence et de la délicatesse.

Entre "Spirit of Eden", enregistré en 14 mois dans une église abandonnée, "Laughing Stock", dans lesquels les musiciens historiques de Talk Talk ne sont déjà plus très présents, et "Mark Hollis", qui sort début 1998 après près de 7 ans de silence, il y a en effet plus qu'un air de famille. Une profonde ressemblance. Une même recherche de la note presque transparente. Loin de la pop synthétique empreinte de new wave des débuts du groupe, ce sont au contraire des gemmes aux sonorités très organiques qui s'offrent à l'auditeur, déployant lentement leur beauté vaporeuse, à la confluence exacte du jazz et du folk, le tout réhaussé de la voix plaintive de notre homme. De longues envolées qui ne semblent jamais s'achever réellement.


Talk Talk :: I Believe in You
[from Spirit Of Eden]

Talk Talk :: New Grass
[from Laughing Stock]

Mark Hollis :: The Daily Planet
[from Mark Hollis]

La boucle finissant toujours par être bouclée, le bassiste de Talk Talk - Paul Webb - est devenu, des années plus tard et sous le nom de Rustin Man, le producteur de Beth Gibbons.

Le "Mark Hollis" est rare. J'ai trouvé le mien d'occasion sur Price Minister.

***

Le dernier mix de l'ORTF - "Home Is Where The Heart Is" - est dorénavant disponible, et en podcast, sur Radio Shic. Le prochain ne devrait pas tarder et réunir les petites pépites qui m'ont été conseillés. Encore merci à tous !


5 comments:

The Civil Servant said...

Bon alors ce client tu l'as buté ou t'as récupéré ton blé ?
Honnetement voilà qui me préoccupe autrement que le destin du lader de Talk Talk (it's such a schame je sais, je sais...)

Read you soon

Garrincha said...

Et bien, non, toujours dans la dèche ...

The Civil Servant said...

Putain passes un contrat sur lui...
Ca ne peut plus durer

Read you soon

Anonymous said...

Parlons peu , parlons bien : le Mark Hollis est l'un des plus beaux disques inclassables de tous les temps ( j'aime bien ce genre de phrase définitive ... )

En équilibre incertain sur la corde du sublime , on pense qu'il va tomber et puis non , il se rattrappe au dernier moment à un silence ...

Tu m'as donné envie d'en parler et de le faire découvrir , encore et encore ...

Thank you so much for this brillant album ... see you soon on my blog !


Tib'o

Olivier said...

Le projet d'un autre Tak-Talker: Heligoland (www.heligoland.co.uk)

Malgré une production un peu reche, c'est simple, beau, touchant, généreux,...