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March 19, 2007

The National


Le merveilleux Concert à Emporter de The National est en ligne. Au programme, "Start A War" & "Ada".

Boxer, le nouvel album de The National, sort en Europe le 22 mai, avec en guests de luxe Marla Hansen, Doveman et surtout Sufjan Stevens himself. Ils seront en concert le 22 mai à l'Astoria de Londres et le 23 à la Maroquinerie.

Vincent Moon, l'homme qui réalise les Concerts à Emporter, sortira ensuite un documentaire sur le groupe.

Pour patienter, Matt Berninger est en interview chez Pitchfork. En toute modestie, vous pouvez également relire ce que j'en disais ici et .

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Edit 24/03 : "Fake Empire", le premier extrait de Boxer, est enfin disponible. Mes impressions - en long, en large, en travers et en technicolor - sont sur la Blogothèque (court résumé pour les flemmards : ce morceau est une merveille), avec plein de petits liens à explorer.

March 14, 2007

à emporter


Bon, moi je vous ai rien dit hein, mais voilà, lundi matin vers là-bas, il se pourrait bien que ...

October 13, 2006

National Candy


Candy Staton :: I'll Sing A Love Song To You
[from His Hands]

Presque beau à crever. On se contentera de danser - seul ou à deux, en étreignant très fort une femme ou une bouteille - glissant sans attache sur un parquet délabré dans une vieille baraque qui croûle de partout mais dont les murs sont les plus protecteurs qu'on ait jamais connu. En se disant qu'on a pas forcément atteint la vie d'un grand poète, d'un Garcia Marquez, mais qu'on sait parfois dénicher la poésie là où elle se trouve. Qu'on sait trouver l'ivresse. Ranimer l'envie. Plonger dans le triste et le fantasque. Là, dans les petits riens qui nous entourent.

The National :: The Geese Of Beverly Road
[from Alligator]

J'ai soif. Soif de bière, soif de ma femme, soif de pognon et de justice, de confort et d'égalité, de ne pas compter et d'être responsable, de chaleur et d'aventure, des autres et des miens, de ma tribu et de ma solitude. Soif de mes propres contradictions. Et puis, à 01:29, tout est résolu. Par la grâce d'une basse qui vient soutenir les arpèges fuyants, qui complète cette voix qui s'incarne dans ma chair, qui réconcilie. Qui élève, soulève et qui gonfle les voiles. "We're the heirs to the glimmering world".

February 09, 2006

A Reasonable Man // A Quiet Town


"CHER AMI, maintenant qu'aux heures poudreuses et sans horloge de la ville les rues s'étirent sombres et fumantes dans le sillage des arroseuses, et maintenant que les ivrognes et les sans-logis ont échoué à l'abri des murs dans des ruelles ou des terrains vagues, que les chats vont étiques et les épaules saillantes dans les sinistres environs, en ces couloirs de brique pavés ou laqués de suie où les ombres des fils électriques muent en harpe gothique les portes des caves, nul être ne marchera hormis toi."

Cormac Mc Carthy, in Suttree

Je ne sais pas si Cormac McCarthy écrivait en musique, mais je l'imagine parfois, alors qu'il se lève aux aurores pour s'atteler - encore, pour la centième fois, pour la millième fois - à ce qu'il considère comme l'oeuvre de sa vie, son Ulysse. Il entre dans son bureau et s'assoit. Se laisse tomber, plus qu'il ne s'assoit. Autour de lui, des meubles vermoulus. Quelques uns, le strict minimum. Un bureau, une chaise dont les accoudoirs ont été façonnés par le poids de ses bras, une étagère sur laquelle trône des milliers de pages, pleines de ratures.

Autour de lui, tout n'est que silence. Je ne sais pas s'il a une femme, des enfants, mais s'ils sont là, ils dorment encore. Il vit près d'une rivière, ou d'un plan d'eau quel qu'il soit. On en perçoit le murmure, à la périphérie. Il a les sourcils bas, le front creusé, et la démarche d'un homme aux reins brisés. Il enfante, voyez vous. Il enfante depuis de longues heures, de longues journées, d'interminables années. Il façonne une ode au renoncement.

Et dans ce dénuement ascétique, dans ce silence écrasant, il lutte, il se bat chaque jour un peu plus. Pour transcrire la musique qu'il entend dans sa tête, transmettre les mots qui jonglent entre ses oreilles, écrire ce qui doit l'être.

Ce renoncement que je retrouve, presque par accident, lorsque les choeurs fragiles entrent dans "A Reasonable Man" et accompagnent le spectre de la voix de Matt Berninger, lui conférant à la fois plus de légèreté et une pesanteur nouvelle.

Cette volonté absolue d'abandon que je cherche dans la nouvelle fugue, arpèges fuyants surmontés d'un chant lunaire, de Josh Rouse.

The National - A Reasonable Man (I Don't Mind)
[from Cherry Tree EP]

Josh Rouse - Quiet Town
[from Subtitulo]

"Subtitulo", le nouvel album de Josh Rouse, est annoncé pour avril.
Edit : la vidéo de "Quiet Town" est ici. [via Chryde]