January 06, 2005

En avant

Demandez le programme : nouvelles pérégrinations, migrations burlesques, transhumances dépourvues de sens, ellipses contradictoires, retours à l'envoyeur, revoyures trop différées, erreurs sans gravité, avertissements à grand frais, pénibles girations, fâcheux succès, ballets ménagers, spectacles concubins, émerveillements passagers, fâcheries à durée indéterminée, grippes à répétition, élans nocturnes, effondrements diurnes, démolitions bénignes, pages blanches, peines en technicolor, hymnes à la joie à pleins poumons, débordements cathartiques, vaines prières, accidents pleins d'avenir, douloureuses intermittences, respirations elliptiques, constructions progressives, procrastinations en rafales, au revoirs sans provision, bonjours sans chaleur, suites sans idées, sourires sans arrière-pensées, embrassades sans retenue.

En avant.
Regarder par-dessus son épaule. Vérifier que les câbles sont bien en place, que le marionnettiste n'est pas trop défoncé, que les attaches sont fiables.

Ne sortez plus sans vos rétrolasers. Ca peut gâcher la journée.


Sam Cooke - That's Where It's At [offline]

Entorse à la règle, ce mp3 est loin d'être une découverte. Du bon, du vieux, du lourd, du très connu, mais certaines chansons ont la force de l'évidence. Personne ne dit mieux la sensation d'avoir trouvé son point d'ancrage, son port d'attache, l'endroit dont on peut partir à l'aventure et où on peut revenir s'abriter.

Si James Brown s'est autoproclamé "Godfather of Soul" et si Solomon Burke, qui montait sur scène avec couronne et manteau d'hermine, en est le roi, Sam Cooke en est incontestablement le père. Le géniteur. En 1957, star incontestée du gospel au sein des Soul Stirrers, il tourne le dos à la musique sacrée pour se consacrer au profane et sortir la "race music" de son ghetto en y incorporant une multitude d'influences qui vont bien au-delà du seul gospel. Ce sont par exemple les protests-songs de Bob Dylan qui lui inspireront "A Change is Gonna Come".

Ami lecteur, je ne saurais trop te recommander la lecture de Sweet Soul Music de Peter Guralnik, traduit en France par les (excellentes, vraiment excellentes) éditions Allia, et en particulier de son premier chapitre consacré au mythique chanteur-compositeur-producteur-entrepreneur de Clarksdale, Mississipi.

Ami lecteur, un petit supplément d'âme pour toi :

Sam Cooke - Bring It On Home To Me (Live) [offline]

Entends-tu l'artiste se mettre à nu ? Entends-tu le public le rejoindre dans sa nudité ? N'as-tu pas, toi aussi, envie de te dévêtir de la sorte ? Allez, garde ton pelage : ici c'est l'hiver ...

[Buy] Portrait of a Legend - [pour une fois qu'un best of est bien conçu et vaut réellement le détour ...]
[Buy] Live in Harlem Square Club, 1963

Sinon :

1. Deux nouveaux liens dans la section des blogs francophones : l'éclectique podaufeu, qui a le mérite - à mon sens - de vous parler de Wire, et le récent podvains. Ce dernier est l'émanation musicale du site écrivains.org, qui propose d'ailleurs, comme la Blogothèque si vous l'avez raté, une compilation de fin d'année, plutôt bien foutue ...

2. Une autre chanson d'AC Newman est présentée en ce moment sur Said The Gramophone. Dans un autre registre, les fans de turntablism feraient bien de se précipiter chez Soul Sides pour y découvrir DJ Day ...


2 comments:

Werbock said...

Sam Cooke, choix imparable, total implacable . Ah tiens, ça me fait penser à Curtis Mayfield, le riff des cuivres dans "Billy Jack", ah je me pâme, ah la vache la basse...Bonne année ORTF !

Garrincha said...

Bonne année Werbock, en espérant que tu es moins fatigué ... (ça commence quand ?)