July 08, 2008

oh, sunday smile


from : Alexandre Lenot Mon, Jul 7, 2008 at 12:59 PM
To: A very dear friend
Hier, j'ai trouvé qui avait des amis qui avait une voiture, une place pour le festival d'Arras, et une place de libre dans la dite-voiture. Et :

1. Quand le chanteur de Sigur Ros a commencé à chanter, j'ai des larmes qui sont montées jusqu'à mes yeux. Comme ça. Toute seule. Comme mues par une sorte de gravité inversée. Je me suis souvenu de nuits entières passées à écouter Aegatys Birjun. Je me suis souvenu de tellement de choses en même temps que très vite je n'étais plus capable d'individualiser un seul et unique souvenir, c'était plutôt comme si ma vie passée remontait d'un coup, d'un seul, très vite, sans ménagement, sans trop prendre de précautions. Tout ça concentré dans quelques larmes très salées. Et puis, Sigur Ros a joué ses nouveaux morceaux. Avec un quatuor de blondes aux cordes et une fanfare habillée en blanc. En souriant. Ca m'a fait drôle de les voir sourire et rire et jouer des chansons qui sont comme des hymnes hyppies pour une génération qui ne peut plus se permettre de croire aux hyppies. Un hédonisme contrarié, alambiqué. C'était très juste. C'étais mieux que ça : c'était trop bon pour un seul homme.

2. A la fin de Sigur Ros, mon voisin (j'avais beaucoup de voisins, vu qu'on était 24 000, sur la grande place d'Arras) s'est exclamé : "Voir un mec frapper sa guitare avec un archet, je veux bien, mais je vois pas l'intérêt". Evidemment, quand Johnny Greenwood de Radiohead a fait pareil une petite heure plus tard, là, il trouvait ça "complètement génial".

3. Radiohead. Il faudrait que je trouve des mots pour te parler de Radiohead. Y'avait le sourire de Thom Yorke. Y'avait Idiotheque. Et Street Spirit. Et Exit Music for a film. Et Nude. Et There There, putain de dieu, There There. Et tant d'autres. Y'avait ce décor fantastique. Une sorte miracle esthétique. Quelque chose de grand, de suffisamment imposant pour réellement entrer dans l'espace, habiter la place et le ciel ouvert, et pourtant subtil. Intelligent. Démonstratif sans être putassier. Y'a eu le sentiment que Radiohead m'avait accompagné toute ma vie jusque là, de manière très intime, presque charnelle. Que si j'avais eu un sentiment de lassitude, de trop plein, pas de ras-le-bol, pas tout à fait, mais disons l'impression que je n'attendais plus rien de particulier d'eux, et bien j'avais eu tort.

4. Vendredi matin : me suis fait très mal au dos. Samedi midi : à nouveau mal au dos. Dimanche matin : encore fait mal au dos, et un peu au genou aussi. Là-dessus, je m'entasse avec 24 000 personnes, avec presque aucune possibilité de m'assoir pendant 6 heures. J'ai mal aux guiboles. Et c'est un euphémisme. De mes mollets à mes omoplates, je ne suis plus que douleur.
[Quoted text hidden]

A very dear friend Mon, Jul 7, 2008 at 1:12 PM
To: Alexandre Lenot

Prends un antalgique, histoire de laisser libre cours à ce bonheur total

2 comments:

Le jeune homme au billet said...

Content qu'un billet et un appel en catastrophe puisse avoir produit cela.

Garrincha said...

Ben merci à toi, vieux.