January 18, 2007

En 2007

En 2007, j'écris sur la Blogothèque. J'y cause de Rock Plaza Central et du prochain album de The Bees.

En 2007, je ne ferme pas l'ORTF, ou en tout cas pas totalement. Je prépare notamment un mix spécial cuivres, dispo ici sous peu. Et puis, après avoir découvert ceci (et l'intermittent mais excellent blog sur la bd qui va avec par la même occasion), une autre idée de mix a germé dans ma tête : quelque chose qui aurait un rapport à l'enfance. On en reparle bientôt.

En 2007, je suis abonné aux Inrocks et j'ai donc la chance de pouvoir de mes yeux lire Carla Bruni. Qui déclare : "No promises, parce que c'est un album qui n'a pas la prétention de tenir les promesses du premier - qui d'ailleurs n'en faisait pas" ... Vaut mieux pouvoir lire ça qu'être aveugle, mais tout juste.

A écouter par ailleurs :
- le mix Blues, Tears & Sorrow de Funky16Corners
- la radio Africa compilée par les forumistes des CDF
- un nouveau morceau (et un nouvel album) de Macromantics, dont on a déjà causé ici.


December 29, 2006

En 2006 ...


En 2006, j'ai découvert avec retard The National, à la faveur d'un concert renversant à la Guinguette Pirate en décembre 2005. Concert à la suite duquel je n'ai quasiment écouté que "Alligator" et "Cherry Tree" pendant plusieurs mois. Un groupe majeur, pour moi, et dont j'attends beaucoup en 2007, avec un nouvel album annoncé pour le printemps.

En 2006, j'ai vraiment beaucoup écouté le "Gulag Orkestar" de Beirut et "The Letting Go" de Bonnie Prince Billy. J'ai constaté avec bonheur que la redécouverte de Candy Staton n'était pas qu'un feu de paille. J'ai été sauvé du désert rapologique US par Ghostface Killa et son "Fishscale" et par le confus mais prenant "Game Theory" des Roots. Pendant ce temps, Rocé, Abd Al Malik et Oxmo ont su me montrer que le rap français n'était pas mort.

En 2006, j'ai été déçu par le retour tant attendu de Sparklehorse, son album à court d'idées et sa prestation scénique palichonne. Déçu aussi par Dybdhal qui n'a pas su rester à la hauteur de son "One Day You'll Dance For Me New York City". Décu par le dernier Outkast, aussi. En 2006, je n'ai pas compris l'intérêt qu'on pouvait trouver à Lilly Allen. Ni au deuxième album de Clipse, d'ailleurs.

En 2006, j'ai vu M Ward au Point Ephémère et Cat Power au Grand Rex.

En 2006, j'ai eu 30 ans.

En 2006, Arthur Lee, Wilson Pickett, James Brown, Jay Dee, Lou Rawls, Desmond Dekker, Billy Preston, Ali Farka Touré, Ruth Brown et Ahmet Ertegun nous ont quitté. Entres autres.

En 2006, The Number One Songs In Heaven, Spoilt Victorian Child, David F, la Cadillac et Gunther Likes French Fries ont mis la clé sous le paillasson. Entres autres.

En 2006, ce blog a tourné au ralenti (doux euphémisme). Comme il me faut trouver de nouveaux moyens d'avancer et que tenir ce carnet de routes seul est désormais au dessus de mes forces et de mes disponibilités, je rejoins donc un autre projet, et pas n'importe lequel... A compter de la semaine prochaine, j'écrirais donc pour la Blogothèque. J'espère vous retrouver là-bas.

J'oubliais l'essentiel : en 2006, j'ai écouté au moins une chanson que j'écouterais encore dans 10 ans. "The Greatest" est le titre qui ouvre l'excellent mais inégal album du même nom de la sublime Cat Power.

Farewell, dear readers. Que la route vous soit belle.
Et à très bientôt sous d'autres cieux, j'espère

December 22, 2006

[Mix#4] I Can't Take The World


Pour vous, amis, lecteurs, afficionados, fans de la première heure, acolytes et autres zélotes, voici un mix dont l'ossature de base reprend une compilation faite à ma chère et tendre et que j'ai réutilisé dans le cadre du dernier Blogomix organisé par la Blogothèque.

Pas forcément très originale (erf, Sparklehorse, Damian Rice, Radiohead & Elliot Smith...), mais un retour sur de belles petites choses qui datent un peu ; presque un best of 2005 à la limite. Assez construite en tout cas. J'ai essayé de prêter une attention toute particulière aux transitions, à la façon dont les chansons se répondent les unes aux autres.
Et une intro dont je ne suis pas peu fier, tirée d'un vinyl d'éducation sesssssuelle américain des années 50.

C'est mon cadeau de Noël.

I Can't Take The World [82,4 Mo]
Covers : back, front

Tracklisting
01. Sparklehorse - "Comfort Me"
02. A Whisper In The Noise - "Silence"
03. Apostle of Hustle - "Sleepwalking Ballad"
04. Idaho - "Bass Crawl"
05. Modest Mouse - "World at Large"
06. Bright Eyes - "I'll be Your Friend"
07. Elliot Smith - "A Fond Farewell"
08. Devendra Banhart - "At The Hop"
09. The Frames - "Lay Me Down"
10. Damian Rice - "Volcano"
11. Radiohead - "There There"
12. Shearwater - "Not Tonight"
13. Ed Harcourt - "Something To Live For"
14. Haywood - "Mermaid (Demo)"
15. Marianne Faithful - "Kissin Time"
16. Ben Lee - "Float On"
17. März - "The River"

Amusez-vous bien.

December 07, 2006

Les Kamikazes de Mars


Pas le temps d'écrire, malheureusement, mais quelques belles chansons à faire partager. Trève de bavardage, donc.

Kamikaze Hearts :: No One Called You A Failure
[from Oneida Road]

Jocari :: Love Is An Animal of The Farm
[from Intimacy Ruins]

März :: The River
[from Wir Sind Hier]

November 23, 2006

Sidi Ali

J'ai déjà commis la chose sur Parisist, mais j'en remets une couche ici. Sidi Ali est en concert !


Disclaimer : Sidi Ali est un ami.

Il y a des dimanches soirs qu'on passe, engoncé dans un vieux caleçon et sous la couette, en regardant Urgences et en revassant du Dr. Green. D'autres qu'on consacre aux visites espacées à une parentèle plus ou moins proche. Certains qui ne sont sauvés que par la grâce d'un bon film miraculeusement trouvé au vidéoclub du coin. Tout étant bon pour éloigner de nos pensées la redoutable perspective du lundi matin et de la semaine de boulot qui redémarre.

Pourtant, un autre monde est possible. Une alternative existe et Parisist l'a rencontrée. Ce dimanche, on pourrait par exemple aller au Baiser Salé pour y constater - en vrac et dans le désordre - que le Velvet a bien été un groupe fondamental, qu'un bon concert devrait être remboursé par la sécu, qu'on peut tomber amoureux d'une fille parce qu'elle est ivre, que les samedis sont parfois pires que les dimanches, et que la grâce d'une pop-song finement ouvragée peut parfois dire l'indicible.

Ce dimanche, Sidi Ali sera donc au Baiser Salé. Pour vous faire une idée, c'est par ici et par là. Pour réserver vos places en préventes et pour plus d'informations, c'est par là.

Sidi Ali, c'est bon pour la santé.

***

Ailleurs, Sidi Ali contribue depuis peu à la Blogothèque et exhume le fils caché de Mark Linkous et de Nick Cave, pendant que Chryde a enfin reçu le CD du très touchant Sparrow House dont il nous parlait tantôt.

Chez StG, il est urgent - malgré un texte pour une fois assez dispensable - d'aller écouter cette renversante reprise de Percy "i'm the most overrated soul singer ever" Sledge.

The B Side dit au revoir à Mrs. Ruth Brown (farewell, lady...) et offre un cours de rattrapage si - par le plus grand des hasards - Aretha vous intéresse.

Enfin, je vous recommande tous les derniers posts de Thanu. Tous.

November 22, 2006

30


Dans très exactement 8 jours, ce blog - conçu à l'origine comme un éphémère passe-temps en période de placardisation - aura 2 ans. Aujourd'hui, pour ma part, j'en ai 30.

Ami(e)s, merci pour vos attentions. Je ne peux pas mieux le dire que vous, ce sentiment mitigé d'accéder à une étape déterminante, pleine de potentialités excitantes, et d'avoir perdu quelque chose de fondamental.

"Putain, 30 ans. Enfin bon. Tous mes voeux de bonheur..."


"Gros batard de trentenaire, plus on est de vieux, plus on voit qu'on vieillit. Et finalement,c'est pas plus mal, plus besoin d'être cool ! Remarque qu'à cet âge là, John Fante ou Raymond Carver n'avaient rien écrit..."


"Alors bien sûr, je comprends bien que par 'accomplissement' tu vises ce que les autres gens, ceux qui ne nous aiment pas (et qui d'ailleurs ne nous connaissent pas) pourraient apprécier comme objectivement neuf. Un roman, une carrière, quelque chose d'existant et d'objectif.

Ca n'existe pas.

Ce dont tu parles, c'est l'aspiration avec laquelle nous sommes nés, vers l'âge de 10 ans, à être Michael Curtiz ou Robert Penn Warren ou Ludwig Van, celle qui nous a poussés au travers de nos études, de notre adolescence, vers ce foutu âge adulte où tout d'un coup, l'ascendance ininterrompue depuis toujours semble pourtant commencer à s'incliner, voire à décliner, où l'on s'ancre dans des choses réelles et où le pragmatisme s'instille au milieu des rêves.

Et pourtant. Tout est ouvert encore, ami. Je crois sincèrement que trente ans, compte tenu l'augmentation de la longévité moyenne, c'est le nouveau vingt-cinq. On en reparlera quand on arrivera à quarante, qui sera - bien entendu - le nouveau trente-cinq..."

M.


Cat Stevens :: The Boy with a Moon & Star on his Head
[from Catch Bull At Four]

Crowded House :: Weather With You
[from Woodface]

November 12, 2006

In Paris

Debout, à l'avant de la scène, devant un public qui s'est unanimement levé, elle raconte l'histoire du baby-sitter de son enfance qu'elle redécouvre, à l'âge de 12 ans, pris en photographie dans Vogue, tenant la main de Grace Jones, la légende disant "In Paris". Comment elle utilisa ensuite l'argent de poche que lui donnait sa grand-mère pour acheter une broche "Paris" en toc avec de fausses perles en plastique.

20 ans plus tard, Chan Marshall vient de triompher sur la scène du Grand Rex. Triomphé des distances, triomphé de la ville lumière, à genoux devant elle. Triomphé d'elle même, qui fut longtemps - physiquement comme mentalement - incapable d'incarner sur scène les multiples promesses que l'on devinait sur ses albums successifs. La faute à une dépression chronique, à une peur viscérale de la scène et aux seuls remèdes qu'elle avait pu trouver pour y faire face.

Une question de distance, sans doute. Pour la première fois, Cat Power apparait entouré d'un large groupe, et non plus seule - ou quasiment - devant un public scrutateur. Les 11 musiciens qui l'accompagnent sont tout autant là pour donner une ampleur nouvelle à ses chansons que pour lui fournir un cocon protecteur. On y reconnait d'ailleurs vite une figure maternelle, une choriste noire aux formes plus que généreuses et à l'organe puissant, et son alter ego paternel, un guitariste grisonnant aux larges épaules et au sourire rassurant.

Mais alors, Cat Power, noyée dans tout ça ? Moins immédiate ? Moins touchante ? On pourrait presque craindre l'artifice américain dans toute sa splendeur, la machinerie parfaitement efficace qui gomme les altérités et offre un vissage professionnel mais lisse. Il apparait bien vite que ce n'est pas le cas. D'abord parce qu'elle s'abandonne totalement et virevolte avec une grâce toute particulière au milieu de ce Memphis Rythm Band. Avec humour, avec un jeu de scène aussi étrange que touchant, presque schizophrène. Empruntant tour à tour à la petite fille, à la femme voluptueuse, aux déhanchés des clips de r&b, aux pas de danse des cheerleaders et même aux danses de saloon. Ensuite parce qu'elle fait le choix de chanter seule sur scène et de se confronter une fois de plus au regard des autres, à son angoisse fondamentale. Avec courage, avec une dose de dérision, avec de plus en plus de nervosité. Les démons ne partent jamais bien loin, et au bout de quelques chansons Ms. Chan n'est sauvée d'elle-même que par le retour opportun de ses musiciens.


Reste qu'entre temps, la jeune femme un peu étrange qui tournoyait au milieu des cuivres et des violons s'est assise pour nous montrer son âme. En nous livrant son renversant "I Don't Blame You" et en nous réinterprétant au passage le "Remember Me" du grand Otis Redding. Si dans le premier registre, sa voix unique fait déjà des merveilles. Dans le second, ce mélange d'éraflures et de soleil, cette rauque chaleur recouverte d'un voile, nous emmène directement vers l'extase.

Elle finira en distribuant des fleurs au public, chantant à tue-tête des gospels a capella pendant que ses musiciens harmonisent et que le public bat la mesure. Saluant l'artiste, applaudissant sa liberté nouvelle. You are free, and we'll remember you.

Cat Power :: Remember Me
[from eMusic EP]

November 02, 2006

Face aux ténèbres

Il y a un livre qui m'a (peut-être ? probablement ? vraisemblablement ? qui sait ?) sauvé la vie. L'expression peut paraître galvaudée, certes. Disons en tout cas que ce livre m'a fait prendre conscience du fait que la voie sur laquelle j'étais engagé pouvait avoir une issue fatale. En y réfléchissant bien, d'ailleurs, ce n'est peut-être pas tant le livre dans sa totalité qu'une de ses phrases, que j'ai encore trop de pudeur pour reproduire ici.

C'était il y a plusieurs années, au coeur de l'hiver. Ce livre s'appelle "Face aux ténèbres". Son auteur, William Styron, y explore sa propre dépression. Il est plus connu pour les deux best-sellers que sont "Les confessions de Nat Turner" et "Le choix de Sophie" (je n'ai jamais lu ni l'un ni l'autre). Il est mort hier à l'âge de 81 ans, et j'ai l'impression d'avoir perdu un ami bienveillant.

En musique, pour cet ami bienveillant, une petite sélection faites de lucioles, de petites lumières aventureuses, qui surgissent même dans les recoins les plus sombres de nos âmes.

Phil Upchurch & Tennyson Stephens :: Tell Me Something Good
[from Upchurch & Tennyson]

Edwin Starr :: Didn't It Feel Good To Be Free ?
[from Hell Up In Harlem]

The Valentinos :: I'll Make It Alright
[introuvable - se pencher sur SAR's Record Story en guise de palliatif]

Spoon :: The Way We Get By
[from Kill The Moonlight]

South San Gabriel :: The Dark Of Garage
[from The Carlton Chronicles]

Lionshare :: Dark & Diamonds
[from Outside of Town]

Jim White :: The Road That Leads To Heaven
[from Wrong-Eyed Jesus]

October 28, 2006

De la couleur dans ta douleur

Anthony & The Johnsons :: Fistful of Love
[from I Am A Bird Now]

Déjà vu un homme se fissurer en un instant, ou presque ? Voir la félure, que l'on peut croire passagère ou anecdotique ou simplement supportable, prendre une ampleur inconsidérée, dangereuse ? Avoir subitement peur qu'il ne se brise ? Et ne pas savoir que faire, ne pas avoir de prise sur cette douleur là. La comprendre sans la toucher du doigt, sans pouvoir l'éloigner. N'avoir ni mots, ni regards suffisants pour l'atténuer ? Juste une paire de bras, ballants, inutiles, tant que l'autre ne se laissera pas, de son propre gré, bercer jusqu'à une hypothétique accalmie. Et quelques chansons, aussi.
Il faut parfois laisser l'autre sombrer pour qu'il puisse renaître. Pas évident.

The Notwist :: Consequence
[from Neon Golden]

J'ai longtemps cherché une chanson qui pourrait faire écho au "You Are Everything" de Marvin Gaye et Diana Ross. Une déclinaison plus actuelle, un prolongement, un écho. Un chant qui dise "je t'aime" avec au moins autant de force et peut-être un peu plus de retenue. Et tout ce temps, je l'avais juste là sous la main, dans l'anglais alambiqué des teutons de The Notwist. The color, the movement and the spin.

October 13, 2006

National Candy


Candy Staton :: I'll Sing A Love Song To You
[from His Hands]

Presque beau à crever. On se contentera de danser - seul ou à deux, en étreignant très fort une femme ou une bouteille - glissant sans attache sur un parquet délabré dans une vieille baraque qui croûle de partout mais dont les murs sont les plus protecteurs qu'on ait jamais connu. En se disant qu'on a pas forcément atteint la vie d'un grand poète, d'un Garcia Marquez, mais qu'on sait parfois dénicher la poésie là où elle se trouve. Qu'on sait trouver l'ivresse. Ranimer l'envie. Plonger dans le triste et le fantasque. Là, dans les petits riens qui nous entourent.

The National :: The Geese Of Beverly Road
[from Alligator]

J'ai soif. Soif de bière, soif de ma femme, soif de pognon et de justice, de confort et d'égalité, de ne pas compter et d'être responsable, de chaleur et d'aventure, des autres et des miens, de ma tribu et de ma solitude. Soif de mes propres contradictions. Et puis, à 01:29, tout est résolu. Par la grâce d'une basse qui vient soutenir les arpèges fuyants, qui complète cette voix qui s'incarne dans ma chair, qui réconcilie. Qui élève, soulève et qui gonfle les voiles. "We're the heirs to the glimmering world".

September 29, 2006

Aretha et Beirut

Deux indispensables :

StG présente un des inédits qui accompagnera la sortie européenne (chez 4AD) de "Gulag Orkestar", le fabuleux, jouissif, renversant premier album de Beirut. Où quand les brooklynites branchés se mettent à la musique klezmer ... Pour mémoire, Beirut était déjà apparu à la surface du radar chez StG en avril et en juin dernier.

Soul Sides a déterré une vidéo d'Aretha Franklin - période pré-Atlantic, alors qu'elle végète chez Columbia en attendant de trouver sa réelle voie. Le morceau - "One Step Ahead" - est une de ces raretés que l'on ne trouve plus en 45, qui n'est sur aucun album officiel et que seuls quelques coffrets au prix relativement antipathique proposent. C'est aussi un des plus beaux moments de sa discographie. Et la source, comme O'Dub le note d'entrée, du mémorable "Ms. Fat Booty" de Mos Def.

September 08, 2006

Companeros Poetas


J'ai croisé le nom de Silvio Rodriguez dans un excellent billet de la Blogothèque sur José Gonzàles. Un excellent article non pas parce qu'il en rajoutait sur l'analyse du phénomène, non pas parce qu'il en rajoutait dans les hallelujahs qui semblent cerner la carrière naissante d'un bonhomme qui ne propose pourtant rien de proprement surprenant. Une excellente note en ce qu'elle donnait à voir comment ce bonhomme concevait sa musique. Alors, forcément, quand il mentionne le nom d'un obscur musicien cubain pour expliquer son jeu de guitare, à la fois si simple et si hypnotique, ma curiosité en berne a repris du poil de la bête ...

J'ai eu du mal à faire un choix, tant tout est beau. J'y entends bien plus qu'un guitariste virtuose. Bien plus. Companeros poetas, Enjoy...

Silvio Rodriguez :: Rabo de Nube
[from Rabo de Nube]

Silvio Rodriguez :: Playa Giron
[from Dias Y Flores: Song of the Nueva Trova Cubana]

Compay Segundo & Silvio Rodriguez :: Fidelidad
[from Duets]


Malheureusement, je ne parle pas un mot d'espagnol.

September 07, 2006

Fan de


Un rapide petit mot, en ces temps de surcharge de travail, de chat perdu, d'entorse de la cheville et de mariage de potes.

Fans de Tori Amos ou de Kate Bush, allez donc jetter une oreille à Dear Euphoria.

Fans de Joanna Newsome ou de harpe, allez donc lire ce que le gramophone dit de son nouvel album, "Ys".

Fans de Candi Staton, voyez l'Affreux, qui a eu le privilège d'approcher la dame et de la voir en concert.

Fans de Wolf Parade, rendez visite à Chryde, qui vous parle de leur chanteur à la voix de feu.

Fans d'America, chez l'ami Dumez, on vous emmène un peu plus loin que "A Horse With No Name".


Sur ce, la douleur étant une simple information, je vais tâcher de claudiquer jusqu'à la plus proche boulangerie.

August 25, 2006

Le vent nous portera ?

Après "Land & Freedom" et "Capitaines d'Avril", deux de mes films fétiches, je vais me ruer demain sur "Le vent se lève" et soigner mon addiction à ces films sur la révolte, sur ces hommes qui prennent les armes (troublante cérémonie confidentielle ce matin, aux abords de la Gare du Nord, de mémoire aux combattants des deux guerres ... j'ai beau ne pas porter les militaires dans mon coeur, c'est fou comme ces choses là m'émeuvent). Une addiction que j'ai également tenté de soulager récemment avec le troublant "V For Vendetta". Je suis très preneur de conseils en la matière. J'ai d'ailleurs lu quelque part que le patachon Michael Mann voulait adapter "Pour qui sonne le glas". Il veut pas laisser Walter Salles s'en charger ? Bref ...

A l'instar de ce jeune homme, je suis en effet en manque. En manque d'un petit quelque chose d'indicible. D'espoir politique ? Peut-être. D'une vision, en tout cas, c'est certain. Alors on se soigne comme on peut. En reniflant devant son écran, en enviant ces hommes d'action. A grands coups de technicolor, et avec ceci, cette belle chanson qu'il vous propose là.

Bon, c'est pas tout ça, mais je me suis lancé dans Moby Dick, et je repars sur les traces du léviathan. Le bonjour chez vous.

August 24, 2006

en attendant septembre

Petite revue de bonnes choses pour vos oreilles :

1. Il faut écouter Fionn Regan. Pour son prénom, pour sa voix frêle, pour son équilibre instable et nuancé. Pour ce que Sean en dit :
Just a boy with an acoustic guitar. Not a man: a boy. A lad. A kid. And it's a very subtle thing that makes a given boy-with-guitar a something-special. Something I can't quite put my finger on: something about character and wit and voice and lightness of touch. Something about, it seems to me, corduroy and jeans, bright apples, brick, pussywillows and the colour green. What separated Elliott Smith from ten thousand imitators? Dylan from ten million? It's hard to say.
But I kind of, like, genuinely think Fionn Regan might have it.

2. Jehro est français, mais il sonne comme un Jack Johnson sous influences métissées. Je crois qu'il a fait une apparition au festival Indétendances de Paris Plage. Alors que le ciel fait tout son possible pour nous faire croire que l'été est déjà fini, rien de tel que ses petites lignes mélodiques pour nous rappeler, tout simplement, que même les nuages ne sont pas éternels.

3. J'avais évidemment l'intention de faire un billet suite à la mort d'Arthur Lee. Interprétations Diverses s'en est bien chargé, même si je trouve les reprises de Love pas vraiment à la hauteur des originaux. Allons enfants aux oreilles fleuries, écoutons encore une fois "Forever Changes"...

4. Do you hate the capitalist system ?

August 23, 2006

An endless mid-nineties continuum

Attention, billet sans musique. La faute à mon disque dur, dont les vacances dans le sud-ouest s'éternise. Voici donc une partie de ce que j'ai eu envie d'écrire ici récemment, mais sans le son ...

Tombé par le plus grand des hasards sur "Throwing Copper" des vieux Live, j'avais l'intention d'en toucher deux mots. Grosse coincidence, le Gramophone pointait il y a quelques semaines sur un billet consacré à l'un des tubes de l'album, "Lightning Crashes" (je pense qu'en France on se souvient plutôt de "I Alone") :

A song so wonderfully earnest and overwrought and Alternative Rock that can only
exist in an endless mid-nineties continuum.

Comme l'auteur de ces lignes, je ne suis ni un grand fan de Live, ni de 1994 (surtout pas de 94 et de sa génération de producteurs aux oreilles colmatées avec du mastic) ni du college rock de radio de l'époque. Et pourtant, réécouter cet album m'a fait du bien. Allez savoir ...

Que de souvenirs de Live, du premier album de Weezer, du premier album de Green Day (oui, oui, Green Day, son "Basket Case" et son "When I come around" à l'époque où plutôt que de vendre des millions de disques, ils se battaient sur scène avec des bouteilles de bière) ... En y repensant, j'ai peut-être vraiment fait une crise d'adolescence en fait.


[Throwing Copper]
[Weezer]
[Dookie]

***

Corinne Bailey Rae est bouleversante. Oui, je sais, elle est en rotation constante sur Europe 2 (enfin, je ne le sais pas mais je m'en doute). Mais si on la compare beaucoup à Macy Gray, elle a une force que celle-ci n'a pas : son mélange de soul et de chanson pop mainstream ne laisse voir ni les grosses coutures ni l'ambition avérée de faire de l'argent et d'être invitée aux mêmes soirées que Puff Diddy. Si on la compare beaucoup à Eryka Badu, elle a une force que celle-là n'a pas : elle sait sourire. Et charmer. Si vous la rencontriez, vous sortiriez avec sa copine plus jolie qu'elle pour vous rendre compte quelques semaines plus tard de votre (grossière) erreur.

Surtout, alors que son album est un peu sur-produit, avec des arrangements et des textures parfois un peu lourdes, la voir en concert fut un moment de ravissement, d'émerveilement devant tant de sensibilité, de subtilité et oui ... d'intelligence. Comme lorsqu'elle - ancienne chanteuse de groupe de rock - se débarrasse des étiquettes en donnant une version jazzy du "Since I've been Loving You" du Zep, avec un brio qui confine à l'insolence.

June 22, 2006

Ma vie de garçon




Demain, j'enterre ma vie de garçon. Avec la horde.
J'ai un peu peur. J'ai assez hâte.

Shurik'n :: Les Miens
[from Où Je Vis]

TTC & Svinkels :: Association 2 Gens Normals
[from Quality Streetz vol 2]

May 22, 2006

[...

L'ORTF est en monde "hiatus à durée indéterminée" ... ]

Edit 30/05/06 : Je te fais le coup de la panne ?
J'en discutais tout à l'heure avec mes petits camarades de jeu : est-ce que vous me croyez vous si je vous dis que, à peu de choses près, je n'ai en ce moment absolument aucune envie musicale ? C'est comme si toute musique me cassait sévèrement les bonbons. J'ai passé tout mon trajet de métro ce matin à chercher sur mon iPod un truc que j'aurais envie d'écouter, sans succès... Pfff... Allez, après la bière et la musique, demain j'arrête la respiration. C'est trop convenu.

Edit 01/06/06 : Waltz me to the end of love
Besoin de conseils là : je cherche une valse originale, rapport à mon projet marital que j'ai dans plus très longtemps. Autant j'ai trouvé la musique de la cérémonie, autant je sèche sur comment ouvrir "le bal" ... Les seuls valses que je connaisse dans l'univers pop : "Sunken Waltz" de Calexico et "Waltz #2 (XO)" d'Elliot Smith. Pas vraiment des morceaux joyeux, en somme. Des idées ? Le premier qui répond "la musique d'amélie poulain elle est trop bien" sera sévèrement chatié.

April 27, 2006

Jack & Louise


Désolé pour l'attente.

Après les compilations des magazines spécialisés, le peer-to-peer, Pandora ou les audioblogs, voici un nouveau moyen de découvrir de la musique. Certes, c'est totalement aléatoire et ça peut se terminer de façon catastrophique, mais vous pouvez faire comme moi : la prochaine fois que vous partez en vacances, empruntez le pod de quelqu'un de votre entourage. On peut tricher un peu et y rajouter le minimum vital dont on sait avoir besoin pour survivre, mais l'essentiel est de conserver le contenu original de l'engin et de se laisser guider. Voici donc les résultats de ma semaine passée en Egypte, avec 3 artistes que je n'aurais jamais écouté autrement.

Sentiments mitigés sur Cali, que je n'avais eu l'occasion d'écouter que relativement bourré dans des soirées où "C'est quand le bonheur" faisait rugir la foule. Ce bonhomme est quand même capable dans la même chanson de commettre une phrase comme "comme devant un oignon je pleure", chantée avec beaucoup de conviction, et de s'élever ensuite à de bien plus hautes altitudes. Cali, c'est un peu les montagnes russes : on s'élève et puis on plonge, ou inversement ...

Cali :: Il y a une question
[from L'Amour Parfait]

La déferlante Louise Attaque est quand même loin derrière nous. J'étais encore étudiant, rendez vous compte ... Et autant j'avais beaucoup aimé leurs complaintes assagies ("La Plume" ou "Du Nord au Sud" sur "Comme On A Dit"), apprécié le projet parallèle Ali Dragon, autant ils avaient fini par disparaître complètement de mon radar. A tel point que je n'avais même pas remarqué la sortie de leur troisième opus en septembre dernier. J'aurais du. Démonstration par l'exemple : ce n'est pas parce qu'un artiste est établi qu'il n'a plus rien à offrir...

Louise Attaque :: Depuis Toujours [m4a]
[from A Plus Tard, Crocodile]

Principale claque : cela fait des années que j'entrevois Jack The Ripper, sans jamais avoir pris la peine ou trouvé le temps de m'aventurer dans leur discographie. Grossière erreur! C'est à l'intersection exacte entre un cabaret tzigane et un Léonard Cohen à la voix moins profonde et plus légère que se trouve cette petite gemme. De quoi donner envie de découvrir leurs 3 albums.

Jack The Ripper :: Prayer in a Tango
[from Book of Lies]

A dans quelques jours, si vous le voulez bien.

Edit :
* Gunther Likes French Fries, c'est fini ...
* Je suis dans l'équipe-type des mp3blogs. Si je joue comme mercredi dernier, on va pas marquer beaucoup de buts les amis ...