August 01, 2005

What have they done to the rain ?

Attention, post très politique - au moins autant que celui-ci :

Il ne faut jamais faire confiance à la météo, particulièrement pas les jours où on a la possibilité de s'incruster dans une séance de photo faite par un pro pour remplacer l'immonde portrait qui trône en haut à droite de son CV. Car même si on bosse dans la comm' et qu'on est trop cool, la chemise trempée et le cheveu qui dégouline, ça le fait pas trop. Ne pas croire, donc, que le mois de juillet aurait du être ensoleillé et que les averses qu'on se prend dans la gueule sont anormales. Ne pas non plus espérer qu'en s'échappant de la capitale, on pourra trouver autre chose que des nuages chargés et menaçants. Et ne pas (trop) accorder de crédit à la thèse selon laquelle l'univers est organisé de manière systématiquement défavorable à ma personne et que, conséquemment, la pluie me suit partout où je vais.

Dire qu'il y en a qui ne sont heureuses que quand il pleut. La pluie, c'est mal. La pluie, c'est souvent froid. La pluie, ça peut tuer. La pluie, c'est mieux quand on est bien au chaud et que de la bonne musique nous caresse les oreilles dans le sens du tympan.

Brook Benton - Rainy Night In Georgia
[from Can You Dig It ? The 70s Soul Experience]

Chosen Few - In The Rain
[from Trojan Soulful Reggae Boxset]

Cunninlynguists - Rain (Intervalle)
[from Southerunderground]

Hood - Still Rain Fell
[from Outside Closer]

L'Altra - Moth In Rain
[from In The Afternoon]

Tom McRae - Sao Paolo Rain
[from Live At The Bikini]

Marianne Faithfull - What Have They Done To The Rain ?
[from The Very best of Marianne Faithfull]

[Image en provenance de Collector's Corner]

July 31, 2005

Ecoute les hommes fêlés


Non. Joseph n'est définitivement pas seulement l'homme aux pédales et aux boucles. C'est aussi un magnifique chantre des sombres heures, des moments de grâce et des souvenirs qu'ils impriment sur nos âmes. Un peintre des longues routes imparfaites, faites de violents accidents, de sorties de route spectaculaires et de belles surprises...

Ecoutez les hommes fêlés ! Ils ont tant de choses à dire et tant de lumière à montrer. Voici donc la version live de "You've Been Loved", la chanson finale du "Redemption's Son" de 2002 agrémentée d'une petite improvisation en guise d'introduction, lors du passage de Jo à la Maroquinerie vendredi dernier. Et un extrait de "And The Thieves Are Gone", l'EP qui a accompagné la sortie de son petit dernier, "Our Shadows Will Remain".

Joseph Arthur - You've Been Loved
[from Live At La Maroquinerie]

Joseph Arthur - Glass Pipe
[from And The Thieves Are Gone]

[Quand deux blogueurs se retrouvent dans une petite salle de concert, ça donne un partage à la Yalta des chansons jouées. C'est donc Chryde qui vous propose la reprise par Mr. Arthur du "There Is A Light That Never Goes Out" des Smiths]

[Buy]

July 28, 2005

Are you my woman ?


Eugene Record, chanteur des Chi-Lites, est mort vendredi dernier. Les Chi-Lites, c'est le groupe samplé - ou plutôt copié/collé - par Beyoncé et son Jay-Z sur "Crazy In Love".

Du coup, on peut les (re)découvrir ici, ici et là.

in a hurry ...

Manque de temps mais envie de vous faire partager mon étonnement/enthousiasme sur ce titre, découvert il y a déjà quelques temps chez David F : la première écoute ne m'avait pas trop convaincu, probablement perdue au milieu d'un mix indigeste de chansons à découvrir ; la seconde, ce matin, m'a mis une bonne claque. La voix me rappelle un peu celle de Princess Superstar, mais sans la vulgarité et avec des lyrics à première vue plus intelligents.

Macromantics - ? Future
[from Hyperbolic Logic EP]

[unreleased yet]
[download another track]

July 26, 2005

fatigue



De notre côté, on se remet doucement. Tant de l'énergie dégagée, une fois de plus, par la clique funkadelicienne (après une intro très heavy metal et assez poussive) que de l'excellent set de la Family Stone qui a su enchaîner les classiques sans que l'on ait pour autant l'impression de voir un cover band. On se remet plus difficilement de l'horrible son que nous avait concocté pour l'occasion un ingénieur du son probablement sourd.


July 24, 2005

Mojito & Necro


Le Mojito est ton ami, jeune. Après en avoir ingurgité une quantité non négligeable, ton cerveau se déleste des quelques neurones encore en état de fonctionnement. Tu deviens miraculeusement un danseur inimitable remuant la tête au rythme de la basse martelée sur ton petit crâne évidé, reluquant au passage les quelques postérieurs féminins rebondissant majestueusement. La nature est parfois bien faite. Un autre mojito, jeune. Et accessoirement un autre cervelet pour le lendemain matin.

En guise d’illustration sonore, trois morceaux d’un fervent adepte du minimalisme cérébral, j’ai nommé Necro. Producteur parfois brillant et excessif en tout point avec un gout immodéré pour le porno et la violence extreme, authentique homophobe, le New-Yorkais est définitivement un saint-homme. Pour sa biographie, tu peux remuer ton petit cul potelé de nerd et chercher comme un grand.

Necro – Fuck you to the track
[from 12’’ "Get on your knees"]


July 21, 2005

allez hop, au régime ...

A l'instar de mon compadre, j'ai reçu récemment une invitation à découvrir la musique de Thunderegg. Et comme lui, je suis sous le charme. Avec un projet de cette ampleur (le groupe poste une nouvelle chanson chaque semaine), il est évident que tout n'est pas toujours du même niveau. Mais lorsque les chansons sont bonnes, elles le sont réellement.

Je vous recommande en particulier "If I Went On A Diet", une petite perle qui a fait son effet dans ma maisonnée (ma dame et mon chat se sont mis à danser en se foutant ouvertement de ma gueule). Prenez une ligne mélodique aussi simple qu'entraînante, ajoutez une pincée d'humour, ne cachez pas trop votre désarroi sous-jacent. Touillez. Vous avez là un bel "oeuf de tonnerre", à consommer en repartant du bureau pour se mettre dans de bonnes dispositions.

[pas de morceaux ici - tout est déjà chez Green ou en streaming sur CDBaby]

July 20, 2005

Mig


Il est des disques qui sont comme certaines femmes. Ils savent nous pister, nous suivre et nous retrouver même quand nous avons parfaitement su les éviter lorsqu'ils/elles se sont offerts à nous la première fois, le plus souvent - évidemment - pour des motifs fallacieux dont la logique d'alors se perd peu à peu dans le gris des souvenirs.

Il y a une dizaine de jours, mon ami Tunui me soudoya à coups de mojito pour m'entraîner dans une folle équipée pédestre, malgré l'état déplorable de mes orteils du côté droit, vers le Gilbert Joseph et ses ribambelles de disques d'occasion aux tarifs improbables. J'y ai trouvé "Dhikrayat" (qui signifie "souvenirs"), le fabuleux premier album de Mig, paru en 2003. Je me souvenais encore de notre rencontre dans une fnac de province, moi intrigué par cette pochette plus que réussie, lui tournoyant dans son lecteur CD de démonstration. Je l'avais écouté et j'avais été séduit par ses sonorités alambiquées, par sa voix, par son mélange de multiples influences. Un mélange pas forcément subtil, parfois violent, un trip-hop aux couleurs afghanes mais loin de la musique de lounge orientalisante, un tourbillon de saveurs malaxées dans un creuset, dans la chaleur d'une forge.

Peu en fonds, et craignant une enflammade passagère, j'avais du décliner l'invitation et poursuivre mon voyage seul. On est parfois très con. Cet oubli - ce détour inutile - est maintenant réparé.

Mig - Concrete Jungle
Mig - Leaving Beth
[from Dhikrayat]

[Buy]

July 18, 2005

Rappel

Si vous souhaitez porter l'existence de votre (audio)blog à ma connaissance :

1. il est toujours plus élégant de m'envoyer un mail que de poster un commentaire sans rapport avec le billet ; j'ai pour habitude de toujours parler des initiatives que l'on porte à ma connaissance et même à faire la pub de celle que j'aime bien.

2. les sites qui ne partagent pas la même philosophie que moi feraient mieux de s'abstenir : ici, nous faisons la promotion d'artistes que nous aimons, en donnant à découvrir un ou deux extraits de leurs oeuvres, en donnant des informations de contexte et en faisant systématiquement le lien vers des boutiques en ligne - certainement pas en mettant en ligne des albums entiers. Les commentaires pointant vers ce genre de sites seront systématiquement effacés.

La musique revient bientôt. Pour patienter, vous pouvez toujours aller voir The Posies au Nouveau Casino ce soir.

July 12, 2005

par ici

C'est officiel : Parisist, déclinaison parisienne (comme son nom l'indique, ce qui n'est pas le fruit du hasard mais bel et bien des efforts surhumains des brillants cerveaux à la base de cette initiative) de The Gothamist, se lance aujourd'hui.

Parisist est donc un blog collectif sur Paris. Et votre serviteur (ie. moi), parisien de son état, y contribue. Pour vous y dénicher concerts attrayants et soirées de bon aloi. Parce qu'il est sympa. Et serviable. Et beau (mais nous y reviendrons sans doute).

Ceci dit :

1. C'est le week-end, je vais me barrer à la plage. Espérez un post pour demain et vous l'aurez peut-être. Après, c'est repos et silence radio jusqu'à lundi prochain. On fera à ce moment là un retour en musique sur David Byrne.

2. Je cherche quelqu'un pour mettre mon CV en ligne en flash. Si l'un d'entre vous sait faire ça pour rien/pas grand chose/beaucoup de reconnaissance/une compil' (?), n'hésitez surtout pas à vous faire connaître.

Edit :
3. L'interview du légendaire Steinski dont je vous parlais tantôt est en ligne là (mode racolleur on) avec des mp3s (mode racolleur off).
//Fin de l'edit

Je ne résiste pas à la tentation de la citation du jour, même si ça n'a rien à voir pour conclure tout ça :

"Inhibition doesn't grow on trees, you know - takes patiences, takes concentration, takes a dedicated and self-sacrificing parent and a hard-working attentive little child to create in only a few year's time a really constrained and tight-ass human being."
[from Portnoy's Complaint - Philip Roth]

Et vous, ça gaze ?

July 11, 2005

Le lundi soir c’est défouloir


L’ami Garrincha ne manque décidemment ni d’humour ni d’idées. Et si rien ne semble pouvoir freiner sa verve créatrice et son avancée, il reconnaît assez justement lorgner régulièrement du coté du rap intello de geek. Bref, (re)filons un grand coup de tatane dans cette fourmilière et ramassons les cadavres sur le bas coté. Pour cela, une sélection de trois morceaux particulièrement jouissifs et ayant le bon goût de ne pas trop solliciter nos quelques neurones rescapés de fêtes trop arrosées.


Redman - Smoke Buddah
[from Muddy Waters]

Redman & Method Man –
Fire Ina Hole
[from Blackout!]

Redman & Keith Murray – K.I.M
[from Back In Business]

[Buy]

le lundi, c'est funky ...


100 Proof (Aged In Soul) - Somebody Been Sleeping In My Bed
[from Somebody's Been Spleeping]

Lamont Dozier -
Going Back To My Roots
[from Peddlin' Music On The Side]

Chairmen of the Board -
Give Me Just A Little More Time
[from Can You Dig It ? The 70s Soul Experience]

Entendue en attendant Jamie Lidell au Point Ephémère, cette petite pépite de funk devrait vous permettre d'affronter ce lundi matin en remuant du popotin comme il se doit. Et comme 100 Proof est un trio de chanteurs assemblé par Lamont Dozier, le légendaire songwriter de la Motown, au moment ou celui-ci part fonder son propre label, Hot Wax, ça me donne un prétexte pour vous offrir le piano pré-disco de "Going Back To My Roots". Avant cela, il avait contribué, avec la paire (Brian) Holland & (Eddie) Holland, aux succès, entre autres, des Chairmen Of The Board. Qui vous demandent un peu de temps.

Normalement, quand vous allez arriver au bureau, tout le monde sera debout sur le bureau en train de danser. Profitez de cette ambiance complètement folle pour vous lâcher et dépenser les quelques sesterces nécessaires (hum) à l'acquisition de la compilation "Can You Dig It ?", éditée chez Rhino, dont un exemplaire traîne miraculeusement chez Amazon. Elle vaut le coup, mais peut-être pas cette indécente somme.

[Buy]

July 08, 2005

ailleurs au même moment

1. Une petite interview de Feist par le Tofu Man ? C'est ici que ça se passe et c'est loin d'être inintéressant. Morceau choisi :

"Everyone around me says that it's a dying business but at the moment, at least, people are still coming out to gigs. It's a social thing and you can't make that moment happen on the net; even if the getting-music-for-free thing nails certain parts of the business, it sure does make the gigs healthier."

Le Tofu Man qui a d'ailleurs décroché un nouveau boulot dont pas mal d'audiobloggers rêveraient.

2. Une reprise par Kind Of Like Spitting d'une reprise par Elliot Smith d'une chanson de Big Star. Vous me suivez ? C'est là.

3. Moi aussi Amerie m'insupporte, avec son tube orchestré à-la-Roots-mais-en-moins-bien et ses fesses qui gigotent tout au long du clip. Mais Mr. O'Dub nous en a dégoté un remix vraiment classe.

4. Tom Waits a pris ses quartiers chez Moistworks. Il y déclare, péremptoire, qu'il ne faut pas conduire une voiture quand on est mort.

5. Je me répète, mais This Women Coil, c'est vraiment bien.

July 07, 2005

Talking about Byrne

Je connais très mal David Byrne. Si le personnage, son rôle et son histoire me sont assez familiers, l'artiste - tout comme ses Talking Heads d'origine - me sont presque inconnus. J'ai juste entendu quelques unes de ses chansons, mais je n'ai aucun de ses disques. Or devant un personnage à la discographie si imposante, on est vite perdu.



Alors, amis lecteurs, c'est pour une fois à vous de m'éclairer et de jouer, à l'instar d'un personnage de Nick Hornby, au "David Byrne Top 5 Songs" avec moi.

Soyez le plus subjectif possible, je vous attends en commentaires.

You Must Be Crazy



Le problème, quand tu vis dans le far west, c'est que tu peux tomber sur des gens qui ont la gachette un peu facile et des facultés de compréhension un peu limitées. C'est ce qu'il vient d'arriver à Indie Boy Traqueur, coupable d'avoir mis un lien vers un mp3 proposé par le site de l'artiste. Green & David F qui fonctionnent tout deux de la même manière en ne proposant que des liens vers des morceaux réputés légaux s'indignent. Podvains aussi.

Et comme Dom le dit si bien, bientôt on sera accusé de "siffloter dans la rue un air qu'on héberge dans nos têtes".



July 05, 2005

vivre et applaudir

Comme le dit le petit Tunui, ici on fait dans le rap intello de geek. Comme le dit aussi Patrick Goujeon, l'un des rares écrivains qui parlent bien de hip-hop, auteur chez Gallimard de "Moi Non" et de "Carnets d'Absence", il y a dans le rap "quelque chose qui me plait énormément dans le côté j'ai la dalle. pas dans le côté K-Maro". Et pourtant, avec le soleil qui nous tape joyeusement sur les épaules, avec les jours qui n'en finissent plus de s'allonger, on a envie d'une musique un peu plus légère. Pas envie d'entendre parler de béton et de misère. Ca tombe bien : certains font ça très bien. Deux petites trouvailles pour hocher de la tête en souriant.



Zap Mama - Vivre
Zap Mama - Yelling Away (feat. ?uestlove, Common & Talib Kweli)
[from Ancestry In Progress]

Zap Mama, aka Marie Daulne, décrit elle-même l'évolution de son groupe en 3 phases : à l'origine un groupe a capella centré sur l'orchestration des voix, incorporant dans un deuxième temps les instruments traditionnels de l'Afrique de l'Ouest, c'est armée de ce bagage musical qu'elle s'est ensuite dirigée vers les Etats-Unis, à la rencontre du hip-hop en général et des Roots en particulier. "Ancestry In Progress", publié fin 2004, est le fruit de cette rencontre : un ovni néo-soul, produit sous la bienveillante supervision du Roots en chef, ?uestlove, et regorgeant par conséquent de sons made in Phillie, mais le tout est servi par une voix beaucoup plus pleine, plus forte. Une voix qui charrie toute une histoire mais qui dit surtout la force des sourires qui finissent toujours pas revenir. C'est d'autant plus fort que les arrangements pour le moins inhabituels fonctionnent parfaitement avec les voix de Kweli et de Common. Quant au duo avec Erykah Badu, c'est indéniablement un des temps forts de l'album : je vous laisse soutenir cet artiste et acheter son album pour le découvrir.

A ce sujet, pour ceux d'entre vous qui ne sont pas encore au fait des choses, la dernière livraison de Common, "Be", produite en partie par Kanye West, est tout simplement phénoménale.

[Buy]
Square 1 - Applause
[from Walk Of Life]

En prêtant l'oreille à Square One, on est persuadé d'être tombé sur une perle oubliée des glorieuses années Rawkus. Un rap posé, "conscient", intelligent, élaboré sous les arches d'Atlantic Avenue au milieu de Brooklyn. Rien n'est moins vrai. L'album "Walk Of Life" date de 2001 et il est l'oeuvre d'un collectif basé à Munich et dont deux membres sont Iraniens. L'un d'eux est un prodigieux MC : il s'appelle Rasul Allah, il sonne comme Pharaoh quand il s'énerve et plus comme un membre caché de Quannum quand il est calme. Il écrit des textes d'une densité et d'une beauté qui le place loin au dessus de nombreux rappers pourtant bien établis et régulièrement portés aux nues. Ici, on parle de rap autant que de poésie. Une poésie urbaine, parfois glaciale, une poésie qui a vu des endroits variés, des choses étranges. Une poésie dure et belle. Une poésie souvent plus positive qu'il n'y parait.

Le tout est mis en musique par Iman, un homme qui produit des beats sur lesquels un Kweli des grands jours ou un Mos Def d'avant la chute feraient merveille. Du très lourd qu'on découvre ici avec un "Applause" de très haut vol, un morceau parfait, inévitable, à la fois direct et élaboré. Une preuve : les élèves, même ceux qui sont tout au fond de la classe et qui ne semblent pas tout comprendre, peuvent aisément dépasser leurs maîtres.

L'album fourmille de featurings d'artistes américains, mais c'est quand le groupe fait son marché sur la scène locale qu'il fait bonne pioche. Le reggae-man germano-congolais Patrice vient faire vibrer "Fallen Angels" de son timbre habité.

[Buy] Amazon à 50€, mais chez Crocodisc ou O'CD, avec un peu de chance, aux alentours de 5€


June 29, 2005

bonne route ...

Bravo à toi qui part pour l'Indonésie
Bravo à toi qui part pour Bruxelles
Bravo à toi qui part pour la téléphonie mobile
Bravo à toi qui part pour le monde merveilleux des ordinateurs à pomme.

Bonne route à tous !

[Ceci n'est pas une publicité déguisée pour le gouvernement de Dominique De, loin de là, mais bel et bien une manifestation sincère et spontanée quant aux succès professionnels de certains proches]

[from America Eats Its Young Alive]

[Buy]
Pour information, George Clinton est en concert à l'Olympia le 25 juillet pour un concert marathon de 6 heures avec la Family Stone.

June 28, 2005

les mots pour le dire

La polémique ayant plus ou moins démarré ici, je suis évidemment solidaire des coups de gueule récemment poussés par Green & Podvains. On en parle aussi de façon plus modérée chez David F.

Je ne vais pas me poser en grand censeur ni vous expliquer par a+b comment il faudrait faire dans un monde idéal. Ce n'est pas l'objet. Ce que j'essaie de dire, c'est plutôt que l'aspect supermarché du "je prends tous les mp3s disponibles sur la page et basta, sans un mot ni rien" me déprime un peu. A vous de voir ! Au final, je vous comprends assez bien et je fais ça pour moi. Je survivrais ...

June 27, 2005

Ignorant as fuck


Un coup d’œil dans le rétroviseur et brutalement la vérité m’éclate à la gueule. Les sélections rap de ce modeste blog ont un sérieux penchant pour un intellectualisme forcené, à la frontière entre élève surdoué et nerdisme absolu. Il était donc grand temps de changer, au moins temporairement, de ton privilégiant pour une fois un rap profondément ignorant et dont la seule et unique ambition consiste à faire remuer les postérieurs féminins sur des grosses basses promptes à ressusciter les plus beaux low-riders de Queens-sur-seine.

Juju Junkard-Psycho Les pour un concentré de rap de caisse.

The Beatnuts - Stone Crazy
[from Stone Crazy]

The Beatnuts - Buying out the bar (with Chris Chandler)
[from The Originators]

The Beatnuts - Se Acabo (remix with Method Man)
[from Take It Or Squeeze It]

[Buy]

June 23, 2005

Sous les pavés, le son

La chaleur oppressante vous tue et la climatisation vous enrhume. En plus, votre patron a posé ses vacances en juillet et vous voilà coincés jusqu'au mois d'août. Amis parisiens, ne chouinez point ! Car s'il est un endroit où il faut être en ce début d'été à tendance caniculaire, c'est tout au bout du quai de Valmy. Là il fait bon s'allonger au bord du canal, jouer à la pétanque en attendant la fraîcheur du soir et regarder les filles qui passent à vélo. Là est installé le Point Ephémère, centre de dynamiques artistiques et salle de concert en passe de devenir un must en matière de programmation. Jugez plutôt :

On commence ce mardi 28 juin avec la venue de Kieran Hebden, aka Four Tet, revenant après sa prestation à la Fondation Cartier avec son nouvel album, "Everything Ecstatic", plus ouvert et enjoué que les mélancoliques "Pause", "Rounds" et "Dialogue". Des extraits sont disponibles chez Aurgasm et Orbis Quintus.

Viennent ensuite le lundi 4 juillet deux énergumènes particulièrement attendus : Peanut Butter Wolf, fondateur, gourou, producteur, DJ et éminent maître à penser du label Stones Throw dont on ne dira jamais assez de bien. Et MEDaphoar, qui, loin d'être le plus manchot de la bande, vient de nous servir un "Push Comes To Shove", accommodé comme il se doit par Madlib, Just Blaze et J Dilla. On peut en découvrir un extrait, "Nightlife", sur le site du label.

Dès le lendemain, c'est au tour de Sage Francis de venir promener sur les quais du canal St Martin les productions issues de son tout petit dernier, le très percutant et bien nommé "A Healthy Distrust", encore meilleur que le "Personal Journals" de 2002. On vous en a déjà présenté un extrait ici, avec l'incongru Will Oldham qui y pousse la chansonnette et Saul Williams qui y ajoute son verbe. Une foutlitude mp3s est également disponible sur son site officiel.

A noter que Sage tient un blog, dans lequel il est parfois question de son pénis et parfois de tortues : "That turtle was resiliant and awesome. I feel so bad for doing what i did. Humans and our big machines. Turtles are so fucking great. So archaic and great. Take care of turtles. I need to do better."

Mais revenons à nos éphémères moutons : le 7 juillet, Jamie Lidell prendra place au même endroit. Ce monsieur, signé chez Warp, vient de publier "Multiply", brillante démonstration soul par un électronicien qu'on n'imaginait pas sur ce terrain. L'ensemble des productions du bonhomme est en écoute sur son site officiel, mais il s'agit malheureusement de (larges) extraits. Il n'en demeure pas moins que l'oeuvre de ce collaborateur de Matthew Herbert et de Christian Vogel vaut le détour, d'autant qu'il a la réputation, à l'inverse de l'électronicien type, d'être un véritable showman. Dans la blogosphère, on pourra donc se tourner vers Podaufeu, Fluxblog ou N°1 Songs In Heaven pour en savoir plus.

Enfin, Lisa Papineau, l'une des voix du dernier album de Air (et pas la moins impressionnante), y sera également le 9 juillet. Podaufeu vous la présente en long, en large et en podcast ici. C'est dans le cadre d'une soirée Benicassim, où l'on pourra entre autres choses écouter Kantes, la moitié de Sporto Kantes. Le flyer est là. Et c'est gratuit.

A la rentrée, les amateurs de jazz seront à leur tour aux anges avec les venues successives de Julien Loureau et du projet de Vijay Iler & Mike Ladd. Mais pour attendre l'automne, vous avez toujours envie de vous entasser sur l'autoroute pour Palavas ?

June 22, 2005

ailleurs au même moment

  1. De tous les nouveaux blogs référencés récemment dans la communauté des audioblogs bien de chez nous, je vous invite à prêter plus particulièrement attention à This Women Coil, une sorte de pendant francophone au désormais fameux Womenfolk, qui démarre par une impressionante sélection : Kate Bush, Alberta Hunter, Patti Smith, Hattie Hudson.
  2. Bars & Guitars présente le tout nouveau Pernice Brothers, un excellent groupe dont on a déjà parlé ici.
  3. En attendant une interview du légendaire Steinski, prévue pour la fin du mois, Monkey Funk nous parle de Jackie Wilson.
  4. Enfin, Popsheep semble inaugurer une série prometteuse : Summer Soundtrack.
  5. Et ici, 640 visiteurs uniques et des poussières en deux jours et pas un seul commentaire ...

June 21, 2005

Dormir sur les routes



Green vous parlait il y a quelques temps de Slowdive. C'est l'occasion pour moi de ressortir de mes archives mes vieux morceaux de Neil Halstead, l'homme qui fut à la base de ce groupe de shoegazers avant de s'éloigner vers des territoires plus acoustiques et plus influencés par la tradition folk des Etats-Unis comme de Grande-Bretagne.

Il a tout d'abord formé Mojave 3 avec la chanteuse de Slowdive. On retrouve dans la production de ce groupe à la fois le goût de son songwriter pour les ballades acoustiques et la recherche de la composition aérienne, orchestrale, "ambient" qui marquait déjà les productions de son premier groupe.

Mojave 3 - Return To Sender
[from Excuse For Travellers]

Mojave 3 - Where Is The Love
[from Ask Me Tomorrow]

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Il advint ensuite que, peu après l'enregistrement du très beau "Excuse For Travellers", notre ami se retrouve célibataire et - surtout - sans abri. Il s'installe alors dans le studio d'enregistrement du groupe pour en ressortir, quelques semaines plus tard, avec de quoi faire un album solo. Il s'agira de "Sleeping On Roads", publié par 4AD en 2002, soit un recueil de ballades merveilleusement agencées. Si on sent l'homme peu enclin à se livrer, cherchant presque à se cacher derrière une profusion d'arpèges, la voix diffuse, retenue, ses compositions n'en rayonnent pas moins d'une mélancolie simple mais pleine d'un regret insondable.

Neil Halstead - Two Stones In My Pocket
[from Sleeping On Roads]

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June 20, 2005

animer moi.



L'animation semble enfin reconnu comme une discipline à part entière. Après les premiers succès en salles, la reconnaissance internationale des vieux maitres du genre, et même l'avènement d'un studio de production capable de dicter sa loi aux grands studios hollywoodiens, avec aussi les bons petits films biens de chez nous (Triplette de Belleville et Kirikou en tête), il est finalement assez peu étonnant que, dans le sillage d'un Gorillaz dont c'est la marque de fabrique, pas mal de groupes se soient lancés dans l'animation, pour des clips pas toujours réussis mais pour certains très beaux. Petite poignée de liens :

Gorillaz - Feeling Good, Inc.
Arcade Fire - Neighborhood #3 (Power Out)
Bloc Party - Pioneers (via La Blogothèque)
Interpol - Evil
The Shins - So says I

[pour visualiser les clips proposés par MTV ou Yahoo, Firefox ne fonctionne - hélas - pas]

Tu veux la voir ?



Un fabricant de voitures se sert actuellement de cette chanson, qui charrie pour moi tout un flot de souvenirs d'enfance, pour une de ses publicités. Jusqu'à un âge assez avancé, j'ai été malade en voiture. On avait beau m'abrutir à coups de tablettes de Nautamine, je terminais inévitablement la moindre échappée motorisée en évacuant un flot de bile sur le bas côté de la route. La seule chose qui me faisait tenir et qui me rendait supportable les interminables trajets qui nous emmenaient jusque chez nos grands-parents au beau milieu de l'Auvergne, c'était la musique que passaient mes parents. Au programme : les Beatles, Georges Brassens et Aretha Franklin. Plus une chanson de Julien Clerc (je crois) qui parlait d'un(e) Gabriel(le), le prénom de mon frère, ce qui déclenchait systématiquement son hilarité. Et aussi, cette chanson éthérée qui suggèrait alors un ailleurs inimaginablement loin, en tout cas à l'époque. Une chanson qui parlait de chevaux, de désert et de tout l'imaginaire qu'un enfant peut attacher à cet univers. Un imaginaire qui, avec la découverte de Sam Peckinpah ou de John Huston, n'a finalement pas tellement changé en près de 20 ans.

Accessoirement, j'étais persuadé que cette chanson était extrêmement connue. Or, entre les salles de cinéma pleines de pédants qui expliquent avec autorité à leurs voisines que c'est une des premières chansons de Neil Young et la tête ahurie/légèrement condescendante de certains amis quand je leur explique que ce n'est pas le fabuleux Neil qui chante, il semble donc que ce ne soit pas le cas. Voici donc America.

America - A Horse With No Name
[from A Horse With No Name]

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June 18, 2005

Pendant les travaux, la vente continue



Nous sommes heureux de vous annoncer que le lifting de l'ORTF est en bonne voie : grâce au fabuleux GM, les fondations sont posées. Reste à construire les murs pour disposer bientôt d'une jolie interface toute belle et toute neuve ... Notez, chers amis, que dans un louable effort de mise à jour des informations qui devront figurer dans la v2, le blog roll a été mis à jour et inclut désormais les nouveaux blogs portés récemment à ma connaissance (db, Score Blog, In Da Blog, Bloggie Woogie, This Women Coil). Si toi aussi, ami blogueur, tu veux y figurer, il suffit de me le faire savoir et d'espérer que je sois de bonne humeur - ce qui est beaucoup plus fréquent qu'on ne veut bien le croire ...

En attendant, et pour ne pas vous laisser trop seuls, voici une petite pilule produite par Big Dada qui devrait provoquer tressautements vertébraux et ondulations du bassin. Il se peut même que certains tentent d'improbables moonwalks à l'écoute de ce piano vibrionnant. Ah ! this is just everyday's course ...

Ty feat. Eska - Sophisticated & Coarse

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Je ne sais rien d'Ajijia Myrayebe. Le dieu Google n'en sait pas plus que moi : à savoir qu'elle figure sur le volume 8 de la compilation "Dusty Fingers". Elle y chante, dans une langue que je serais bien en peine de déterminer, un morceau intitulé "Cohet". Reste en tout cas une intro absolument fabuleuse : j'attends avec impatience que Kanye ou Primo nous en fasse un beat qui nettoie tout sur son passage.

Ajijia Myrayebe - Cohet
[from Dusty Fingers vol. 8]

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June 15, 2005

Let The Funking Begin




James Brown, Chaka Khan, Stevie Wonder, les Temptations, Harold Melvin, Luther Vandross et même Larry Levan et les Masters At Work, pionniers de la house. Ils ont tous collaboré avec Mrs Gwen McCrae, la femme de George et l'une des icones du Miami Sound.


The Queen of Rare Groove is in town tonight ! Ca se passe au New Morning. Pour patienter jusqu'à ce soir, deux petites perles :


Gwen McCrae - 90% Of Me Is You
Gwen McCrae - Let's Straighten It Out
[from The Best Of Gwen McCrae]


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June 14, 2005

Concert (copinage, épisode III)


On vous a déjà parlé de Plan B. Non seulement son label vous propose un titre en téléchargement ici, mais il joue également ce soir, accompagné de Choa, l'un des membres de Chut!. Ca se passe au Bar 3.

I never felt so much light



Jesse Sykes & The Sweet Hereafters -
Oh My Girl
[from Oh My Girl]

Parce que Fargo fête ses 5 ans au Nouveau Casino le 26 juin, avec Neal Casal, Richard Buckner et Crooked Fingers. Parce que Fargo, c'est aussi la voix plaintive de Jesse Sykes et ses ballades en provenance directe de la frontière. Parce que le groupe tire son nom d'un des plus beaux romans de Russell Banks, et qu'il cotoie des gens de goût comme Ryan Adams ou The Walkabouts.

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The Decemberists - The Soldiering Life
[from Her Majesty, The Decemberists]

Parce que les Decemberists disent bien le froid et son contraire, la lutte comme l'abandon, le tout sans jamais tomber dans un atroce pathos mais en restant joyeusement mesuré, loufoque mais un peu atone. Encore/enfin un groupe qui manie avec justesse le sens du paradoxe.

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Dakota Suite - Wintersong
[from Alone With Everybody]

Parce qu'ensuite, il fera certainement un peu froid. Et qu'il vaudra mieux avoir avec soi quelqu'un qui connait ces monstrueux hivers et ces étendues gelées, pour nous dire le chemin et pour nous rassurer, au moins un petit peu.

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June 13, 2005

prophétique



Saul Williams -
Ohm
[from Lyricist Lounge vol. 1]

Saul Williams - Bloodletting
[from Not In My Name EP]

Sage Francis feat. Will Oldham & Saul Williams - Sea Lion
[from Sea Lion 12"]

Vu Saul W de très près (premier rang, à portée de multiples postillons williamesques) il y a environ un mois. L'homme a troqué ses musiciens (trop) portés sur le metal pour un Dj aux productions métalliques, mais ses prestations sont toujours aussi incendiaires, habitées par la même flamme. Et ses paroles pyromanes jaillissent toujours avec cette ferveur hallucinée qui semble prendre possession de tout son être.

"Ohm", avec ses lignes de chant quasiment diphoniques, donne en général lieu à de phénoménales prestations scéniques. Premier morceau posé sur disque par le slammer, il reste le morceau qui ressemble le moins à une chanson et qui s'approche le plus, formellement, d'un poème. "Bloodletting" matérialise quant à lui l'engagement de notre homme aux lendemains du 11 septembre 2001, engagement qui prit la forme d'un EP - "Not In My Name" - qui fit rapidement le tour des cercles de militants opposés à l'administration Bush. Enfin, bien que se faisant assez rare, Saul Williams se prête lui aussi au jeu des featurings, pour Kanye West afin de solenniser le "Never Let Me Down" déjà porté par Jay Z sur "The College Dropout", et ici aux côtés de Will Oldham sur le prenant "Sea Lion", extrait du dernier album de Monsieur Sage Francis.

Par la même occasion, jetez donc un oeil sur le livre publié par notre homme. "Said The Shotgun To The Head", ou l'occasion de fouiller un peu plus le rapport aux mots de ce féroce prophète.

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Mobilisez adroitement votre temps de cerveau disponible. Et dormez à bon escient.

June 12, 2005

des agriculteurs dans les escalateurs

1. Le label Agriculture, qui se décrit comme une extension de la scène ambient/dub du New-York des années 90 et se réclame de DJ Spooky, a le bon goût de se présenter au travers d'une compilation disponible en téléchargement gratuit. Avec du DJ Rupture et du DJ Olive à l'intérieur.

2. Collectible Escalators propose quant à lui des titres de ses artistes, en particulier de Mike Uva et le très bon "Mrs Hepburn House" de Machine Go Boom.

3. Pour continuer dans une veine acoustique et se soigner les oreilles à coup de tumbleweed, on peut également rendre une visite à James Apollo et l'écouter ici. Dans un autre registre, on pourrait également se laisser prendre au jeu des arpèges de Soft.

4. Enfin, on ne dira jamais assez de bien des Shins. Notre collègue aux interprétations diverses (mais toujours solides) s'en est d'ailleurs déjà chargé là.

5. Dernier avertissement : Sidi Ali joue en fin d'après-midi au Nouveau Casino, grâce à French-o-rama.


June 07, 2005

This way



Puisque parfois une action vaut mieux que de longs discours et que notre footballeur brésilien alcoolique manque parfois de souffle, mais jamais d’inspiration, voici une maigre contribution pour l’ORTF. Pour l’histoire de Kanye West, je te laisse, ami visiteur, trouver ton bonheur sur l’ensemble de la toile…ou ici...et apprécier à leur juste valeur les quelques perles égarées ici même...

Kanye West - Diamonds
Kanye West & Dilated - This Way
Kanye West- Last Call

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du soleil

Du soleil. En quantité. Dans leurs sourires, dans leurs mains entrelacées, dans leurs baisers, dans nos regards sur eux posés. C'était beau. C'est déjà fini (pour nous). Eux sont en route ...
Samedi, deux de mes meilleurs amis se sont mariés. Les premiers. Et je ne saurais trop expliquer comment je me sens.

June 01, 2005

& les anges ...

Je ne me souviens curieusement pas de l'endroit. Je ne me souviens pas de l'heure, ni de la saison ou du temps qu'il faisait. Je ne me souviens pas clairement de la personne avec qui j'étais, même si je crois que c'était mon frère. La seule chose dont je me souviens clairement, c'est de la façon dont la toile ressortait sous une lumière tamisée.


Paysage Rocheux
- 1975

C'était ma première rencontre avec l'oeuvre de Zoran Music, décédé la semaine dernière à l'âge de 96 ans. Contrairement à la musique pour laquelle je dispose du choix des armes, d'un vocabulaire et de références me permettant de me situer, de me repérer et de m'orienter, je n'ai en matière picturale qu'une culture éparse. Au grand dam de mon géniteur. Je ne peux dès lors que fonctionner à l'instinct, ou alors me plier à de parfois trop rigoureuses découvertes didactiques, pédagogiques. Ce qui signifie que je passe parfois/souvent à côté de l'essentiel, mais aussi, pour parler crûment, que j'en prends parfois plein la gueule. Et que je me retrouve désarmé, entièrement vierge face à la grâce telle qu'exprimée par Michel-Ange. Ou face à la puissance d'évocation de Zoran Music.

Zoran Music, c'est d'abord le peintre engagé qui ne renonce pas à son art, lorsque, arrêté par la gestapo, il est déporté. Il dira plus tard que "un peintre ne peut passer à côté d'une montagne de cadavres les yeux fermés. Il éprouve l'impérieuse nécessité de dessiner". Il affirmera aussi avoir vu la beauté dans ces champs de cadavres.

Zoran Music, c'est ensuite le peintre qui reprend la parole en 1970 pour dire "Nous ne sommes pas les derniers", qu'il commente ainsi : "Combien de fois, à Dachau, avons-nous dit que jamais plus des choses pareilles ne recommenceraient dans le monde ! Elles recommencent. Elles prouvent donc que l'horrible est dans l'homme et pas seulement dans une société d'un certain type aberrant. J'ai ressenti le besoin de dire cela ".

Et pour moi, Zoran Music, c'était une sombre gravure, comme une constellation d'impacts sur une âme brûlée. Une représentation brutale, presque cruelle, trop exacte pour ne pas être dérangeante, de ce que peut être la dépression.

Pas facile d'accompagner en musique cette petite note.

Sigur Ros - Bium Bium Bambalo
[from Englar Alheimsins]

"Englar Alheimsins" signifie "les anges de l'univers". C'est un film. Et c'est aussi une bande-son réalisé par Hilmar Orn Hilmarsson et sur laquelle Sigur Ros signe deux morceaux.


10 des 36 feuilles que l'artiste réalisa lors de sa captivité à Dachau sont au Centre Pompidou.

May 30, 2005

trop tard

Hier soir, j'ai vu Le Pen, Pasqua, Buffet, Fabius, de Villiers et leurs amis exulter. Leur rhétorique populiste et/ou réactionnaire a visiblement encore de beaux jours devant elle. Que ceux qui pensent sincèrement que "ce grand coup de pied dans la fourmillère" pouvait avoir une utilité se réjouissent ! On va bien rigoler.

Allez, un peu de musique pour oublier ...

Jude - I'm Sorry Now
[from No One Is Really Beautiful]

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May 27, 2005

brève(s)


  1. Joie dans les chaumières et lumière dans les coeurs : David F est de retour.
  2. Un nouvel extrait du Demon Days de Gorillaz chez Fluxblog. Et c'est Ike Turner qui s'invite au piano.
  3. Une moins bonne nouvelle : Zoran Music est mort. J'y reviendrais sous peu.
  4. [Edit] Quelques petites précisions sur "Venham Mais Cinco", dont j'ai parlé il y a peu, grâce à l'incroyable vvoitek : les paroles de la chanson sont tirés d'un poème que José Alfonso écrivit en 1973 en prison. Elles jouent sur un double sens, signifiant à la fois "Donnez moi encore 5" (sous-entendu : verres de vin) et "Pourvu qu'apparaissent encore 5" (sous-entendu : personnes dans la révolte". Tout le reste du texte n'est que jeux de mots et allusions à double sens sur le régime salazariste. Le refrain quant à lui dit simplement : "Ne m'obligez pas à sortir dans la rue" ...


Hell yeah ...

A l'instar de certains de mes camarades de jeu, je m'aventure le temps d'un post sur un terrain qui n'est pas le mien, et je vais tâcher, ami lecteur, de t'exposer quelques unes des raisons expliquant mon vote lors du prochain référendum. Je précise avant de me faire allumer que ce post ne résume pas l'intégralité de mes réflexions sur le sujet, et qu'il ne contient que quelques éléments que j'ai simplement choisi de mettre en lumière au moment où j'écris ces lignes.

1. Il était urgent de faire inscrire la charte des droits fondamentaux dans le corpus politique européen. Il était extrêmement urgent d'améliorer encore les recours juridictionnels possibles.

2. Il est trop facile de voir partout une manipulation et de croire à un agenda secret des puissants. Ce texte propose des avancées réelles, tangibles et concrètes qu'il est malhonnête de cataloguer comme de simples artifices, ou des caches-sexes de l'ultra-libéralisme. C'est la démission de la pensée que d'avancer ces arguments qui commencent à chaque fois part "de toutes façons".

3. Les arguments du non se contentent pour l'instant 1) d'une critique appuyée et sans doute fondée du traitement médiatique mais qui ne change rien au fond et 2) d'une arithmétique absurde et déplacée. Je laisse de côté le père Chouard qui a surtout prouvé jusqu'ici qu'il était incompétent sur le sujet. Quand à la Pervenche, ce n'est pas avec des phrases comme "Qu’il ait dit oui ou non, j’aurais été d’accord avec lui [Fabius]" (Le Monde du 19 octobre 2004 - pas de lien hélas) qu'elle va me convaincre de sa puissance de raisonnement.

4. Le poids de la France au Conseil va passer de 7 % des voix à 15 % environ. Les partisans du oui ne le disent pas trop parce qu’ils sont mal à l’aise avec des arguments un peu chauvins. Mais l’argument vaut aussi d’un point de vue de GAUCHE. La France ayant une des cultures politiques les plus à gauche d’Europe – Albanie exceptée, plus progressiste que celle la gauche britannique (New Labour) et allemande (SPD), il vaut mieux que la France ait 15 % plutôt que 7 % des voix au Conseil la prochaine fois qu’on causera des services publics, de l’ouverture à la concurrence et des fonds de pension. (argument que j'emprunte à mon ami Olivier Rozenberg)

N'oublions surtout pas que ce texte doit en premier lieu être évalué à l'aune des traités actuellement en vigueur. Pour ma part, pour ces raisons et pour pleins d'autres, pour améliorer le fonctionnement de l'espace politique dans lequel je vis et pour nous donner plus de moyens de combattre l'ultralibéralisme, ce sera donc oui.

May 25, 2005

ailleurs, au même moment ...


Pardon pour ces longs si longs silences. Comme je n'ai pas vraiment le temps de poster, voici quelques pistes sur ce qui se passe en ce moment dans la galaxie pas si lointaine des audioblogs :

  • La Case de l'Affreux est de retour
  • Moistworks se fend d'un excellent post sur le son DJ Premier
  • Podaufeu ramène à nos oreillles le son déjà presque oublié des excellents Young Marble Giants
  • Interprétations Diverses donne quant à lui un éclairage différent sur le trop souvent caricaturé Ian Curtis et son Joy Division, reprises de Massive Attack et des Pumpkins à l'appui
  • Chez Aurgasm, on peut découvrir Max Avery Lichtenstein, le compositeur de la musique du film Tarnation. Pour rester dans les bandes-son, si "En Bonne Compagnie", qui voit Topher Grace de "That 70's Show" donner la réplique à Dennis Quaid et rouler des pelles à Scarlett Johansson (qui elle n'en finit plus d'être moins belle que dans Lost In Translation), est un film oubliable, la bande-son regorge de petites perles. En particulier du fait des Shins et surtout de l'excellent Iron & Wine, déjà responsable de la reprise du "Such Great Heights" du Postal Service sur la bande-son de Garden State. Son morceau "Woman King" est à découvrir dans les archives de The Crutch. Sam Beam - de son vrai nom - est également ici, ici et là.
[Sinon, Blogger efface/perd certains commentaires. Désolé pour ça]
Soyez sages. Et sortez les fulguropoings si nécessaire.


May 20, 2005

Des nouvelles du front

Mon affreux préféré, inépuisable pourvoyeur de merveilles produites entre Muscle Shoals et Detroit, conteurs des temps oubliés où le chitlin' circuit était the next big thing, dépoussiéreur de ces légions de chanteurs et chanteuses trop vite oubliées, en bref l'homme qui a suscité le plus de ventes d'albums de gens comme l'immense Jimmy Lewis ou David Ruffin de ce côté de l'Atlantique depuis la fin des 70s, s'est vu contraint de suspendre son blog suite à une injonction de son hébergeur. Que des choses comme ceci (que des fichiers, aucune recherche, aucun background, pas que des raretés) soient tolérées alors qu'on emmerde l'Affreux me laissent pantois ! Allez donc lui faire part de vos encouragements ici.

Mais nous sommes une armée : l'Affreux ne tombera pas. Et même s'il tombait, des milliers sortiraient de l'ombre pour prendre sa place. Saluons donc comme il se doit les naissances de db aka Du Bruit et de In Da Blog, deux nouveaux venus qui avancent sur des territoires que les audioblogs majoritairement indie-rock ne couvrent que rarement. On leur souhaite longue vie.

May 16, 2005

This Is The Night, Tonight, Everything's Gonna Be Alright

Après un concert dévastateur dans la petite salle du Nouveau Casino, The Arcade Fire revient ce soir à Paris, pour investir l'Elysée Montmartre et nous en remettre une couche.



La bonne nouvelle, apprise par l'intermédiaire de Podaufeu, c'est que la première partie sera assurée par Final Fantasy. Final Fantasy, c'est le deuxième projet du violoniste/chanteur Owen Pallett, par ailleurs membre des Mouches et arrangeur pour toutes les cordes sur "Funeral", le deuxième album de l'arcade enflammée. Et "Has A Good Home" est un excellent album. Démonstration par l'exemple :

Final Fantasy - Please Please Please
Final Fantasy - The CN Tower Belongs To The Dead
[from Has A Good Home]

Final Fantasy - Peach Plum Pear
[Joanna Newsom cover]

[Read]
[Read]

Soyez à l'heure !

Bonus Track (déjà posté ailleurs mais toujours aussi bon) :

The Arcade Fire & David Byrne - Naive Melody (This Must Be The Place)
[Live At Irving Plaza]

Un clown au Paradis

Je savais que l'homme qui enfanta Rufus et Martha était un musicien et que les deux enfants avaient grandi dans un foyer plein de notes et de sons. Sans plus. Je n'avais jamais pris la peine d'explorer plus avant la production de Loudon Wainwright III.

Il y a quelques mois, le gramophone canadien m'avait introduit à un premier morceau. Interpellé je fus, comme dirait un petit bonhomme vert qui débarque cette semaine sur nos écrans. Sous des dehors countrysant et au son d'un banjo endiablé, un homme chantait avec un entrain de cabarettier, presque en riant, en tout cas dans la joie et la bonne humeur qu'il n'était qu'un "self destructive fool". Hum. Un maniaque, en somme.



Vient ensuite un post de Moistworks (7 avril) sur la troublante Martha et dans lequel notre ami James s'employait à détailler les dynamiques à l'oeuvre dans la famille Wainwright. Visiblement, au lieu de se hurler dessus, on y composait des chansonnettes pour exprimer ses sentiments. Hum. Un gentil maniaque un peu bohème ?

Et puis, il y a quelques jours, en la belle ville d'Amsterdam, le très beau Paradisio - sis dans une ancienne église - annonçait pour le soir de mon arrivée un concert de ce monsieur. Il fallut pour y assister subir une des expériences les plus absurdes de ma vie : 45 minutes de "stand-up comedy" par un certain Dolph, le tout dans la lanque non pas de Shakespeare mais de Rembrandt et Van Basten. Imaginez une salle de grands néerlandais hilares et deux petits français stoïques en plein milieu, ne comprenant pas un traitre mot de ce qui se dit et éclusant patiemment leurs sodas sans sucre.



Bref. Débarque ensuite notre Loudon. Et là, la claque. Cet homme est un authentique clown. Comme tout clown qui se respecte, comme le meilleur bouquin de John Irving, il avance comme un funambule entre le rire et les larmes, le comique et le tragique. De "I Remember Sex" à "Overseas Call" (une merveille, sur l'album "More Love Songs"), ses chansons à texte, entrecoupées d'interludes hilarants et/ou glauques, sont tour à tour ironiques et candides, nostalgiques et rieuses, aussi mélancoliques que moqueuses. Surprenant, attachant, cet homme n'a visiblement jamais réussi à faire la paix avec lui-même, mais il en rit.

Loudon Wainwright III - The Swimming Song
[from Attempted Moustache]

Loudon Wainwright III - Absence Makes The Heart Grow Fonder
[from Career Moves]

Loudon Wainwright III - He Said, She Said
[from Career Moves]

[Buy]

May 13, 2005

le temps me manque

Camarades, il y a tellement de choses dont j'aimerais vous parler et j'ai si peu de temps pour le faire. Commencons, comme il se doit, par la Révolution. Pas celle qu'il faudrait faire, pas encore, mais une de celles qui a déjà eu lieu.



Lorsque je suis arrivé à Lisbonne, c'était donc l'anniversaire de la révolution des oeillets. Je vous conseille à ce sujet le très émouvant "Capitaines d'Avril" de Maria de Meideiros. Rien de particulier à signaler en matière de festivités, en revanche la fondation Gulbenkian abrite une installation vidéo de la prolifique Ana Hatherly - exposant par ailleurs une cartographie de sa mémoire - aussi étrange qu'émouvante. Sur un fonds d'images de manifestation, de slogans peints sur les murs et de cortèges représentant par les plus infimes détails ce qu'on imagine être une révolution d'une ampleur phénoménale, ce qu'on aimerait être une révolution d'une ampleur phénoménale, on entend comme venu d'ailleurs des bouts de chants, des slogans, des cris. Le tout s'enchaîne à un rythme effréné comme un clip surréaliste sans queue ni tête.

La même fondation a édité pour le 25ème anniversaire de cette révolution pacifique, un recueil de chansons de l'époque, que je situerais quelque part entre Brassens, Ennio Morricone et Ferré.

José Maria Branco - O Charlatao
Sergio Godinho - Que Força E Essa
José Alfonso - Venham Mais Cinco
[from Cançoes de Luta E Libertade]

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Battu sur la ligne par Said The Gramophone, je vous propose bien de découvrir la voix de Tom Thumb, mais c'est chez nos confrères canadiens que vous pourrez entendre la très belle (mais alors vraiment très belle) reprise qu'il propose. D'une chanson comme une autre (hum), à la hauteur des moyens mélodiques du bonhomme : "Atlantic City" - une des meilleures chansons de Springsteen, de celles qu'il enregistra sur un 4-pistes dans une chambre d'hôtel et qui donnèrent, loin de ses hymnes pour stades trop remplis, l'album "Nebraska". Puisqu'il faut choisir, c'est donc "Real Small Talk" que je vous propose de découvrir. Vous aussi vous avez envie de rester chez vous, cloitré, pour un jour. Ou alors de prendre la route à l'aveuglette. Pas vrai ?

Tom Thumb & The Latter Day Saints - Real Small Talk
[from Kindermusik]

Enfin, Chris Price propose sur son site un titre en téléchargement gratuit, en prévision de son nouvel album : "Charge Me Up". Un morceau hypnotique, légèrement bancal, cherchant son équilibre entre une voix fatiguée mais accrocheuse et une batterie synthétique qui s'emballe sur le refrain. L'univers sonore - aux accents pas si monotones que ça - suggère des beautés vénéneuses qui prennent la fuite à bord de sombres bagnoles qu'on distingue à peine dans l'obscurité. Et des amants délaissés regagnant des lits imbibés de sueur, ne sachant pas s'ils doivent se lamenter sur leurs pertes ou se réjouir d'être en vie.

Chris Price -
Charge Me Up
[from Charge Me Up]

[Read] le site officiel, à surveiller pour la sortie de l'album et d'autres téléchargements

May 09, 2005

ailleurs, mais en rythme

Si vous passez par Lisbonne et si vous avez envie de danser sur autre chose que les tubes électro du Lux, j'ai une adresse pour vous. A l'ouest du Barrio Alto se trouve le B.Leza, une salle boisée cachée derrière un patio ombragé et un club de sport, et spécialisé dans les musiques africaines, notamment cap-verdiennes, en provenance des anciennes colonies portugaises.



C'est là que j'ai découvert Terrakota, un improbable groupe de reggae mandingue. Pour une fois, il s'agit bel et bien de reggae africain, et non pas de reggae joué par des africains. Autrement dit, il ne s'agit pas de faire du Tiken Jah Fakoly, mais bel et bien de fusionner deux traditions musicales : la pulsation de l'île jamaïcenne et les structures rythmiques répétitives du continent. C'est un véritable arsenal de percussions, la plupart en provenance d'Afrique de l'Ouest mais certains d'origine brésilienne, qui accompagne donc la syncope du guitariste. Le mélange, qui s'emballe régulièrement dans une furieuse transe presque hypnotique, s'appuie qui plus est sur une kora tissant ses habituels motifs presque atonaux. La maîtrise des musiciens est tout simplement invraisemblable, tant ils varient les rythmes, les changements, les breaks, les accélérations dans tous les sens, en retombant systématiquement sur leurs pieds.

Les deux voies du groupe alternent les paroles en portuguais, en mandingue, en anglais, parfois en arabe et dans un maladroit français. Si le messianisme niaiseux des paroliers reggae me laisse toujours un peu froid, les harmonies vocales de ce duo sont par contre assez renversantes, notamment parce qu'elles empruntent elles aussi à plusieurs traditions musicales très différentes.



Il s'agissait pour le groupe de clore une petite tournée de promotion pour leur deuxième album, "Humus Sapiens". Nous n'étions pourtant qu'une petite cinquantaine à nous presser devant la scène, il est vrai à une heure tardive et impensable en France. Cela n'a pas empeché le groupe, pourtant crispé en début de concert, de se lâcher complètement. Une époustouflante démonstration de force percussive surmontée par le sourire (et les ondulantes hanches) de la chanteuse Romy. Pendant ce temps, les percussionistes - dont un étonnant sosie de John Bonham - ne cessaient de taper comme des fous. Et les femmes présentes de se ruer vers la scène et de danser dans un curieux ballet unisexe, pendant que les hommes en retrait oscillaient plus calmement. Avant, poussés par une force inconnue, de rejoindre leurs compagnes, au paroxysme du concert, dans une explosion de sueur et de sourire.

Moralité, Terrakota brûle les graisses inutiles. Après avoir passé la journée à monter et descendre les 7 collines de Lisbonne, on souffre ...

Terrakota - Omohumanidadecidade
[from Humus Sapiens]

[Buy]
[Read] le site officiel du groupe
[Listen] 4 morceaux et un assez bon descriptif


May 04, 2005

rassemblement!

Et si l'impression de n'être qu'un pantin désarticulé, une anomalie silencieuse, coupée des autres, circulant sous les néons comme une ombre dans les couloirs interminables et tapissés de réclames qui mènent du berceau à la mort, si cette impression de n'être fait que d'os et de vents (et d'un peu trop de gras, aussi) vous prenait subitement, il vous faudrait trouver rapidement un feu. Et des amis, rassemblés en cercle autour du foyer, aussi effrayés les uns que les autres, mais qui chantent et brûlent, rituellement, leurs peurs sur le bûcher. Un jamboree.

Asheru & Blue Black Of The Unspoken Heard - Jamboree
Asheru & Blue Black Of The Unspoken Heard - How You Livin' (feat. J-Live & Grap Luva)
[from 48 Months]



Vous avez en plus peut-être la la chance d'avoir parmi eux deux MCs extrêmement talentueux, servis par des productions de J-Rawls, 88 Keys, Geology ou Pete Rock, mais aussi des hommes de bien comme on n'en fait plus, des profs dans la vie civile (comme J-Live) aux propos à la fois posés et drôles et à la langue inventive. Alors soyez sans crainte : les mots auront raison de l'ombre.

Asheru & Blue Black Of The Unspoken Heard - B-Boy (We Get Shit)
[from Soon Come]

[Read]
[Must Buy] "Soon Come" est l'un des albums de hip-hop majeurs de 2001. Très haut placé en tout cas dans le panthéon personnel de tout backpacker qui se respecte. "48 Months" est paru plus tard, mais rassemble en fait la production vinyle du duo pendant sa formation, soit les années 96-00. Les deux sont indispensables.

May 03, 2005

dommage...

Le post précédent est incomplet. Il lui manque même l'essentiel : le son. La faute à un système anticopie tenace, qui fait que je ne peux pas numériser cet album et que je ne peux par conséquent pas le transférer sur mon iPod.

Désolé donc pour cet épisode muet. Je vais voir ce que je peux faire.



[et oui, ca m'énerve !!!]


De regresso do Tejo

De retour des bords du Tage, où j'ai croisé la sublime Beth Gibbons. A Lisbonne, elle était partout, à chaque coin de rue, dans chaque vitrine, dans chaque boutique de musée et sa voix se faufilait dans les murmures de la ville. Pas en personne, hélas, mais au revers d'une pochette orangée : la voix de Portishead, toujours aussi brisée, toujours aussi voilée, toujours aussi lumineuse, enjolive de ses félines cabrioles "Cinema", l'album de Rodrigo Leao qui vient donc de sortir. Comme d'habitude, la fragile ironie déployée ici sert plus à révéler qu'à masquer. Entendez-vous son spleen, détaillé dans la moindre de ses fugaces fissures ? Et le charme qui surnage ?



Alors je l'ai prise par la main, je l'ai présentée à mon père - à qui, toujours élégante même après une dizaine de répétitions, elle a plu et nous l'avons emmenée en voiture, et ensemble nous avons visité Ericeira, Sintra, Coimbra. Ensemble nous avons regardé la procession des étudiants de Porto, noirs comme des corbeaux et rieurs comme d'étranges enfants trop graves. Puis je l'ai mise dans mon sac et emportée avec moi. [Ce qui m'a coûté, en prix vert, la bagatelle de 18€, le Portugal étant l'un des rares pays que j'ai visités jusqu'ici où les disques sont aussi chers qu'en France]

Rodrigo Leao feat. Beth Gibbons - Lonely Carousel
[from Cinema]

En plus, elle n'était pas tout à fait seule. Helena Noguerra, un brin pâlote, joue de son ton mutin et léger, parfois charmant, mais elle se perd quelque peu et tombe trop souvent dans le précieux, osant même faire rimer, tel un scribe mécanisé au service d'un quelconque Halliday, "amour" avec "toujours".



C'est donc plutôt Madame Passos, Rosa de son prénom, qui parvient à exister aux côtés du soleil noir britannique. Plus joueuse que Beth, mais moins vaine qu'Helena, elle sursaute, rebondit, précède, rattrape et se cache, tour à tour riante et songeuse, au gré des soubresauts de l'orchestre.

Rodrigo Leao feat. Rosa Passos - Rosa
[from Cinema]

[Buy]

Contrairement à ce que certains ont pu passer à la lecture de mes peu claires missives, je n'envisage pas de mettre un terme à ce blog. Outre Beth Gibbons et une multitude d'autres voix que j'ai pu croiser sur les hauteurs de Lisbonne et dans les collines de Sintra, j'ai surtout pu constater que mon envie d'écrire, intacte, vivace, ne m'avait jamais vraiment quitté. Enfouie au fond de mon baluchon sous des effets moins essentiels mais plus utiles, elle s'était juste assoupie, le temps de reprendre quelques forces.

Reste que mon nouvel emploi du temps étant ce qu'il est, c'est-à-dire non adaptable au cumul de mes envies, l'ORTF va irrémédiablement mu(t)er. Changer de peau, d'apparence, de costumes et de superpouvoirs.
  • Dans la forme d'abord, puisque l'un de ces inestimables artisans du web disposant des compétences dont j'ai été privé par un sort cruel et une paresse tenace, planche actuellement sur une nouvelle interface. Si ca se trouve, ce sera même joli.
  • Dans le fonds ensuite, puisque j'ai toujours comme espoir de rendre cet espace plus collaboratif et plus ouvert. Les irrégulières chroniques électroniques du docteur KhanCube et les élucubrations jazzistiques du verveux (vervesque ?) Quincophonie seront toujours de la partie, mais j'espère pouvoir compter bientôt sur d'autres apparitions. On essaiera aussi, dans la mesure de nos moyens, d'ouvrir ce blog à une nouvelle dimension en vous proposant, en plus du texte et du son, quelques images.
  • En particulier, le premier mix de l'ORTF ayant rencontré un certain succès, ses rejetons sont déjà en cours de gestation et devraient donc apparaître sur ces pages à intervalles à peu près réguliers.
Pas de calendrier précis, mais pendant les travaux, les affaires continuent.